« La contre-heure » de Sébastien Hoët

LEC - La Contre-heure

Je monte les escaliers, il n’y a personne, le monde est mort, et rien ne m’empêche de monter toujours, tout ce qui est m’appartient, tout ce qui est ne sera qu’aussi longtemps que je suis.

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Article - Résumé

Gilles est professeur de philosophie dans un lycée. Il est séduisant, brillant, un brin iconoclaste, témoin halluciné de la médiocrité moderne. Ce jour de rentrée commence bien mal puisque Victoire, une élève de première, s’est défenestrée du troisième étage du lycée. Une nouvelle année de débâcle dans les couloirs de l’Éducation nationale ? Une jeune femme aux yeux verts y apparaît pourtant, qui pourrait changer le monde.

Article - Mon avis

Je remercie les Éditions Kero pour ce partenariat.

Si je devais résumer ma lecture en quelques mots, je dirais : perplexe, déçue, chaotique, … Comme vous le voyez, ça commence plutôt mal !

Une des raisons est très simple : à la lecture du résumé, je m’attendais à une intrigue centrée principalement sur Victoire. Pourquoi ? C’est une très bonne question ! Car, à bien y réfléchir, ce même résumé commence par « Gilles » et non pas par « Victoire » … Mais je pensais sincèrement que découvrir le récit d’une jeune fille qui se suicide en se jetant du 3ème étage de son lycée sans raison apparente serait plus intéressant que de suivre les réflexions d’un homme blasé par tout ce qui l’entoure …

Des journalistes rappliquaient déjà, une cellule de crise allait se constituer rapidement pour empêcher la contagion du suicide, véritable maladie, épidémie qu’il fallait stopper net avant qu’elle ne balance d’autres jeunes corps dans la cour.

C’est donc aux côtés de Gilles Lecomte, quadragénaire habitant à Lille et professeur de philosophie dans le même lycée que Victoire, que nous allons prendre place. Gilles est un homme déçu par son époque, qu’il juge déplorable. Déçu par les mentalités, les femmes, l’amour, l’éducation, les nouveaux enseignants, la technologie moderne, la littérature, l’édition, … Déçu par à peu près tout ce qui l’entoure ! Le suicide de Victoire est le déclencheur de ces réflexions, de cette remise en question, … Mais, à la longue, j’ai franchement trouvé ça lassant ! Il en devient aigri et hautain, désagréable, presque égoïste, et peu attachant … Même si l’on découvre qu’il cache en fait un mal-être présent depuis l’enfance, je n’ai clairement pas réussi à le prendre en pitié.

Régulièrement, de bien trop court chapitre nous expose les tourments de Victoire. Directement adressé au lecteur grâce à l’utilisation de la première personne du singulier (contrairement aux autres chapitres), ces quelques phrases nous permettent de découvrir ses pensées durant l’ascension de ses trois étages, avant qu’elle ne se jette de la rambarde. Elles nous permettent également de nous sentir proche d’elle, de la comprendre. Et ce sont ces petits chapitres que j’attendais avec impatience mais qui passaient malheureusement bien trop vite …

Écrire ne consiste pas à poser les mots, même pas à user d’une langue maîtrisée, écrire c’est voir enfin, garder, préserver, et rendre aux autres, faire voir, faire jaillir, laisser s’effuser ce qui ne nous apparaît pas dans la répétition des jours, mais seul, véritablement, est.

Outre les personnages, c’est avec le style que je n’ai pas du tout accroché. J’ai eu cette impression d’écriture pressée où tout va trop vite ; comme si l’auteur se perdait dans ses pensées, ses descriptions … Je suis une adepte des virgules car je pense que, bien placées, elles contribuent à une compréhension pour facile. Mais son utilisation abusive rend la lecture déroutante et désagréable.

Autre point, mais qui est totalement personnel pour le coup : les références à certains écrivains et à leurs œuvres sont nombreuses. Ce qui peut être un bon point … Quand on les connaît ! Ce qui n’était malheureusement pas mon cas. La lecture n’est fut que plus chaotique …

C’est vraiment l’heure d’après, la seconde de trop, où tout paraît dans sa vérité crue, hébétée, sordide et séduisante, dans la nudité de sa matière. L’homme retourné à la matière, la femme retournée à la matière, s’offre et s’absout. L’heure de la suée intime, l’heure de l’accueil. L’heure à laquelle il faut avoir le talent de produire le bon pas, oui, oui, le bon pas, il faut que je produise le bon pas, de toucher du bout du doigt une hanche, un ventre sous le tissu mouillé.

En bref : j’ai réellement eu du mal avec cette lecture. Le fond et la forme me sont passés totalement au-dessus. J’aurais apprécié avoir un lien plus prononcé entre Victoire et Gilles, plutôt qu’un élément déclencheur … Non, en fait, j’aurais simplement voulu moins de Gilles, pour plus de Victoire !

Partenariat
Kero

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3 réflexions sur “« La contre-heure » de Sébastien Hoët

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