« L’ours » de Claire Cameron

Article - Présentation

J’entends maman crier mais je garde les yeux fermés. Les rêves, c’est pas pour du vrai et je le sais puisque ma maman elle crie jamais. Elle a une voix douce qui ressemble à une fleur blanche et qui a le goût des cookies de Noël avant qu’on mette les paillettes sucrées dessus.

Notification 2

Article - Résumé

Anna, 5 ans, et son petit frère Stick campent avec leurs parents dans un parc naturel sauvage lorsqu’ils sont surpris en pleine nuit par ce que la petite fille confond avec un gros chien. Le lendemain, Anna découvre qu’elle et Stick sont désormais seuls, et que c’est à elle, la « grande », qu’il incombe de protéger son frère. Débute alors pour les deux enfants isolés une dangereuse errance…

Les mots d’une petite fille essayant de donner un sens à un monde soudainement devenu hostile confèrent à ce roman une puissance toute particulière. Entre Into the Wild et Room, un vrai tour de force.

Article - Mon avis

Je remercie chaleureusement les Éditions Kero pour ce partenariat.

Comme nous l’indique parfaitement le résumé, nous découvrons Anna et sa famille alors qu’ils campent dans un parc naturel sauvage. En pleine nuit, alors qu’elle dort avec son petit frère de 2 ans, Stick, dans la tente, elle est réveillée par des cris affolés. Ne pouvant pas croire que ses parents, si calme et doux, puissent hurler de la sorte, elle se persuade qu’il s’agit là d’un cauchemar. Le lendemain, c’est l’incompréhension ! Elle se retrouve seule avec son petit frère, dans cette nature hostile, à tenter d’échapper à ce grand chien noir qui s’approche dangereusement …

Je ne sais clairement pas à quoi je m’attendais car, en y réfléchissant c’est logique, mais je ne m’imaginais pas que la narratrice de ce récit serait justement Anna, cette grande sœur de 5 ans qui va devoir protéger son frère. Et si, sur le début, ce décalage entre le lecteur et les pensées futiles de cette petite fille dans une telle situation est intéressant, il a malheureusement finit par m’agacer …

Comme je le disais, j’ai beaucoup aimé toute la première partie qui nous explique l’attaque de l’ours et nous décrit comment les enfants ont réussi à s’en sortir. C’est à la fois prenant et poignant. Et cette narration enfantine permet tout d’abord de ne pas tomber dans l’horreur ; mais également d’avoir un point de vue différent de par l’innocence due à leur âge. Anna ne se rendant pas compte de la gravité de la situation, ces questionnements ne sont que matérialistes et surtout, purement égoïstes.

Et c’est là que le bât blesse ! À partir du moment où Anna et Stick se retrouvent livrés à eux-mêmes au beau milieu de ce parc naturel, cette narration m’a agacé et irrité au plus haut point. Ces mots d’enfants qui étaient au départ touchant, deviennent interminables et extrêmement lassants ! D’autant plus que l’avalanche de pensées qu’un enfant peut engendrer en un laps de temps limité donne lieu à de looongues phrases donc le sens premier se perd au fil des mots …

Maintenant que j’ai plus d’habits mouillés sur moi, ma peau est bien chaude et je lève les bras au ciel. On doit attendre nos parents ici, c’est pas un problème puisque le soleil me sourit et me chauffe. Je laisse mes doigts de pied gigoter parce que les cookies ont versé du sucre en poudre dessus, et puis je sautille sur un pied et je sens de la terre craquante dessous mais je vois un peu de sable plus près de l’eau et j’y vais, c’est beaucoup plus agréable et doux de marcher là, mes pieds bougent tous seuls et mes mains font bonjour et je ris parce que c’est amusant, et alors Stick vient me rejoindre. Il saute sur place et il secoue les mains comme moi, c’est la seule façon de danser qu’il connaisse.

Cette phrase est un très bon exemple du décalage imposé entre la narratrice et nous, lecteur ! Il est évident qu’à son âge, elle ne conçoit pas la situation comme une adulte le ferait et c’est ce qui rend l’intrigue très réaliste. L’auteur a parfaitement réussi à nous retranscrire les futilités enfantines, de ce côté-là, je lui tire mon chapeau. L’exercice ne devait pas être simple mais il est réussi. Cependant, ça n’a fait que me fatiguer, et j’ai rapidement décroché …

C’est dommage car, pour ma part, cette narration est le gros point négatif de ce récit. Et pourtant, je suis sur qu’il peut être un magnifique coup de cœur pour d’autres, qui apprécieront ces phrases d’enfant à leur juste valeur.

[…] et ses yeux pleurent mais pas parce qu’il est triste, comme des larmes qui en sont pas et qui viennent d’un autre endroit que quand on est triste, on dirait qu’elles montent de la gorge et coulent par les yeux alors que les larmes tristes viennent du cœur. C’est des larmes de rire qui roulent sur ses jours […]

En bref : un récit qui, tiré d’une histoire vraie, nous donne froid dans le dos ! L’auteur a réussi à nous plonger aux côtés d’Anna très rapidement grâce à une intrigue qui démarrait très bien. Malheureusement, je n’aurais pas du tout accroché au choix de narration qui a rendu ma lecture assez laborieuse. Malgré ça, l’épilogue aura réussi à m’émouvoir et même à m’arracher une petite larmichette.

Partenariat
Kero

Publicités

3 réflexions sur “« L’ours » de Claire Cameron

  1. Pingback: [Partenaire Editeur #3] Les éditions Kero | D-Dream Bouquine

Laisse une trace de ton passage ;)

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s