« Mes pensées sont des papillons » d’Eveleen Valadon

Jamais je n’aurais imaginé qu’un jour j’aurais des problèmes de mémoire. Jamais je n’aurais songé qu’il me faudrait courir après mes pensées qui vont, viennent, s’envolent comme des papillons.

Eveleen Valadon a été diagnostiquée malade d’Alzheimer voici quatre ans. Elle se souvient très bien du passé, mais sa mémoire immédiate lui fait parfois défaut. Aidée deux heures par jour, elle vit encore seule et autonome. Ce livre raconte son combat contre une pathologie qu’elle se refuse à nommer. Elle a voulu nous dire, en son nom et en celui de tous les autres, qu’elle n’est ni démente ni agressive, et tordre le cou aux stéréotypes dont cette maladie est porteuse. Eveleen lutte pour retrouver la femme qu’elle n’a pas cessé d’être. Ce livre est son défi, pour montrer à cet ennemi de l’intérieur qu’elle ne va pas se laisser effacer.

Je remercie chaleureusement les Éditions Kero pour ce partenariat.

Comme vous le savez si vous me suivez depuis quelque temps, je n’ai pas une grande passion pour les témoignages, biographie ou tout autre livre de ce genre. Mais quand le sujet abordé nous touche plus personnellement … Ma grand-mère a été diagnostiquée il y a déjà plusieurs années maintenant. Elle pourrait vous raconter toutes ces jeunes années dans les moindres détails ; mais quand il s’agit de reconnaitre ces enfants et petits-enfants, c’est une autre paire de manches … Alors certes, c’est difficile pour nous, mais pour elle ? Je dois avouer que cette lecture a été assez éprouvante, j’ai mis un temps fou à arriver au bout de ces pauvres 200 pages, mais j’en ressors plutôt … Soulagée ? Oui, on va dire ça comme ça !

Moi-même, je ne parvenais pas à prononcer son nom. Je l’appelais par son prénom, le prénom de l’homme qui l’a découvert. Alois, c’est ça. Je suis du côté d’Alois.

Nous faisons donc la connaissance d’Eveleen Valadon, une septuagénaire diagnostiquée depuis quelques années malade d’Alzheimer, mais qu’elle ne nommera jamais comme tel. Contactée par Jacqueline Remy, journaliste, Eveleen n’a pas hésité longtemps avant d’accepter ce nouveau projet : celui de raconter sa pathologie ! C’est donc de façon très simple et pleine de sincérité que son histoire nous est transmise.

Durant ces six mois de rencontres quasi hebdomadaires, nous allons découvrir à quel point cette maladie dégénérative évolue vite, à quel point il peut être épuisant d’essayer de garder la face et le fils de ces pensées. Mais nous allons aussi suivre le parcours plutôt atypique d’une femme très active : enseignement, peintures, expositions, voyages, manuscrit, … Eveleen avait une vie bien remplie ! Et puis, il y a ces petits soucis du quotidien comme le fait d’oublier ces papiers chez son pharmacien ou le plaisir de suivre ses cours d’art-thérapie …

Et puis, Eveleen est une de ces personnes extrêmement touchante, qui ne se voilent pas totalement la face : elle sait qu’elle est malade et que ces pensées passent de l’une à l’autre sans réel lien, mais simplement par associations d’idées. La maladie avance vite, beaucoup trop vite …

Cette maladie est rongeuse, comme si on m’enlevait des peaux de mémoire qu’on m’amputait lentement. C’est une sorte de supplice.

En bref, Jacqueline Remy nous transmet un récit très émouvant, très humain, mais aussi très enrichissant qui nous permet de voir cette pathologie autrement, avec plus de « tendresse ». De plus, Eveleen est une personne pour qui on se prend rapidement d’affection. Je pense sincèrement que, même si la maladie d’Alzheimer ne vous touche pas personnellement, ce livre ne peut que vous intéresser !


Publicités

« Mer agitée » de Christine Desrousseaux

Là-bas. Ces deux syllabes semblent contenir un dangereux trou noir ou champ gravitationnel si intense qu’il est impossible de s’en approcher sans courir le danger d’y être englouti.

Sur une plage désertée par les estivants, Jean se plonge dans l’eau glacée. Quel que soit le temps, il part nager, pour oublier son corps trop vieux, oublier son petit-fils Léo, enfermé dans sa chambre et replié sur lui-même depuis son retour d’Afghanistan. Léo qui crie la nuit, Léo qui lui fait peur. À quel moment s’est envolé l’enfant rieur dont il était si proche ? Le jour où sa mère a disparu sans laisser de traces ? Ou lors de l’une de ses missions ?
Un soir, Léo, ivre, agresse une jeune fille. Il s’en tire à condition de présenter ses excuses. Mais quand une adolescente disparaît quelques jours plus tard, Jean va devoir affronter les gens du village qui voient en Léo un suspect idéal et deviennent de plus en plus hostiles. Lui-même commence à douter : et si ce petit-fils tant aimé avait commis l’irréparable ?

Je remercie chaleureusement les Éditions Kero pour ce partenariat.

Je vous avoue que je ne sais pas réellement par où commencer pour cette chronique car, même si je soulève beaucoup de points positifs, je n’ai pas réussi à être touchée par cette lecture … Je vous explique !

Nous suivons Jean, septuagénaire, au travers du journal de ces baignades. Car depuis quelque temps, ces petites escapades pour aller nager sont devenues comme une lubie, un besoin vital afin de s’échapper de son quotidien. Elles l’aident à réfléchir, à faire le point sur sa vie mais aussi sur celle de Léo, son petit-fils revenu habiter chez lui depuis son retour d’Afghanistan. Mais Léo n’est plus le même, il se renferme dans sa chambre et ne se livre que très peu, voire pas du tout … Alors, le jour où, dans ce petit village où tout le monde se connaît, le corps d’une jeune fille violée et étranglée est retrouvé non loin de leur maison, les villageois ne mettent pas longtemps à désigner un coupable, à croire que la présomption d’innocence n’existe pas !

J’ai beaucoup aimé les personnages ! Tout d’abord celui de Jean, un grand-père très attentionné et qui aimerait pouvoir aider son petit-fils à se reconstruire. Vivant seul depuis la mort de sa femme, il est très heureux d’avoir de la compagnie, comme au bon vieux temps où Léo venait passer ses vacances chez lui. Certains de son innocence, il ne peut cependant rien faire pour lui si Léo continue de se murer dans le silence. Léo quant à lui est un personnage assez sombre. Atteints de troubles de stress post-traumatiques, il n’a pas l’air décidé à se faire aider. D’autant que sa mission en Afghanistan ne semble pas être la seule cause de ces cauchemars à répétition … En effet, la disparition inexpliquée de sa mère alors qu’il n’avait que 6 ans est encore bien présente dans son esprit !

Quand je sors de l’eau, ma peau est rage. Je ne sens plus rien. Anesthésiée. Léger soudain. Comme si j’avais laissé l’enveloppe de mon corps là-bas, dans les vagues, la pesanteur du corps. C’est une sensation pas désagréable.

C’est concernant le récit en lui-même que je suis plutôt indécise ! D’un côté, j’aime le style « journal intime » et le fait d’utilisée les baignades de Jean pour faire avancer l’intrigue. Nous suivons ces réflexions et ces interrogations par rapport à l’état de son petit-fils, mais également sur son propre corps, son âge avancé et ces réactions à chaque immersion dans cette eau de plus en plus froide. Mais d’un autre côté, ces baignades ralentissent le rythme, certains jours n’apportant pas grand-chose à l’histoire …

Et puis il y a ces quelques chapitres, s’intercalant ici et là, qui nous offre le récit d’Antonia, la maman de Léo ; ce qui est extrêmement intéressant et va nous permettre de comprendre sa disparition ! Ces chapitres redonnent un peu de peps au récit et ils ont le mérite de réveiller notre attention.

Mais malheureusement, tout est tellement prévisible qu’il nous manque un sérieux effet de surprise pour relever l’intrigue … Et c’est d’autant plus dommage que j’ai beaucoup apprécié le style de l’auteur, très fluide et tout en simplicité ! Les descriptions, les métaphores, les émotions, tout est très juste et se lit sans anicroche. Ça aurait réellement pu être une bonne lecture !

Parfois, la nuit est un combat et nos armes sont impuissantes à repousser les ombres qui nous assaillent.

En bref, je n’ai malheureusement pas réussi à entrer complètement dans le récit et je n’ai, de ce fait, pas été touchée par les personnages et leurs histoires … L’intrigue, trop prévisible, ne m’a pas aidé non plus ! Cependant, je relève beaucoup de points positifs ; comme la plume de l’auteur que j’ai beaucoup apprécié pour sa justesse et sa sincérité !


« À l’ombre des cerisiers » de Dörte Hansen

A l'ombre des cerisiers

Il ne fallait pas qu’il lui échappe, ce paysage où elle n’avait pas de racines, mais où elle s’était fixée.

Notification 3

Article - Résumé

C’est au printemps 1945 que la petite Vera voit pour la première fois la vieille ferme perdue au cœur d’un immense verger. Sa mère et elle viennent de traverser à pied une Allemagne en ruines. Soixante-dix ans plus tard, Vera, qui occupe toujours la maison, voit débarquer à son tour sa nièce, Anne, en pleine rupture amoureuse, et son jeune fils Leon. Les deux femmes, fortes têtes et solitaires, vont affronter ensemble une histoire familiale traversée de secrets et de non-dits. Sauront-elles redonner vie à ces murs hantés par les chimères du passé ? Pour cela, il faudra d’abord apprivoiser les habitants du village qui ne manquent ni de caractère ni d’originalité …

Article - Mon avis

Je remercie chaleureusement les Éditions Kero pour ce partenariat.

« À l’ombre des cerisiers » est un roman contemporain ou l’intrigue n’en est pas réellement une, étant donné qu’il s’agit plutôt de suivre le quotidien de différents personnages. Malheureusement, j’ai toujours plus de mal à être totalement emportée dans ce genre d’histoire, comme s’il me manquait un intérêt quelconque, un objectif à atteindre. Mais malgré cela, les personnages ont réussi à me tenir jusqu’au bout, ce qui est un très bon point !

Contre l’amour, c’est clair, on ne pouvait rien. Ça vous tombait dessus. Point.

Nous allons donc découvrir Vera, personnage central de ce récit, qui à quitter la Prusse-Orientale avec sa mère à la fin de la Seconde Guerre mondiale alors qu’elle n’avait que 5 ans, afin de s’installer en Allemagne du Nord, dans le « Vieux Pays », trouvant refuge chez une fermière du nom d’Ida Eckhoff. Après la mort de celle-ci, quelques années plus tard,  Vera refuse de quitter cette maison qui lui a ouvert ces bras, ou même d’y changer quoi que ce soit. Elle se sent chez elle, dans ces pièces froides et inconfortables qui lui ressemblent un peu.

Mais lorsque Anne et Léon, sa nièce et son fils, vont venir également trouver refuge dans cette même maison suite à sa séparation, les deux femmes vont devoir apprendre à communiquer. Que ce soit par de longs silences ou de discrètes attentions, elles vont  trouver ce qui leur manquait à toutes les deux : une famille !

Vera, qui a mis sa vie personnelle de coté pendant tant d’années, n’a ni mari ni enfants. Léon va apporter un peu de bonheur et de vie à cette sinistre maison, mais également dans le cœur de Vera.
Ces deux femmes, qui donnent l’impression de se suffire dans leur simple vie, vont s’apprivoiser et découvrir qu’en réalité, elles se sentaient bien seules …

Beaucoup d’autres personnages vont également interagir. Tels que Karl, le fils d’Ida ; Hildegard, la mère de Véra ; ou encore Heinrick, voisin et ami de Vera. Et ces au travers de tous ces personnages que l’auteur aborde la vie à la campagne et ces a priori, les différentes relations sociales et familiales, la solitude, la trahison, le deuil, …

Saisir un couteau, le planter dans son sourire, jusqu’à ce qu’il sombre enfin, lui aussi, dans son sang.

Dörte Hansen nous propose un récit plein de charme et de simplicité grâce à une plume douce et agréable à lire ! Elle nous transmet énormément d’émotions, non pas grâce à de nombreux dialogues, mais bien au travers de personnages très différents les uns des autres. Les descriptions sont donc nombreuses mais restent parfaitement équilibrées. J’ai eu un peu de mal à me familiariser avec les noms allemands, ce qui a rendu ma lecture légèrement chaotique par moments. Mais dans l’ensemble, je n’ai pas de réel « reproche » à faire à cette lecture. Mais pas non plus de grands compliments …

En bref : « À l’ombre des cerisiers » est un roman intéressant retraçant le quotidien de différents personnages aux caractères bien différents. Dörte Hansen arrive à nous transmettre énormément d’émotions sans user de dialogues interminables, bien au contraire. Malheureusement, les tranches de vie n’arrivent que rarement à m’émouvoir et à retenir mon attention. J’ai donc passé un bon moment avec cette lecture, mais on est très loin du coup de cœur …

Partenariat
Kero

« L’ours » de Claire Cameron

Article - Présentation

J’entends maman crier mais je garde les yeux fermés. Les rêves, c’est pas pour du vrai et je le sais puisque ma maman elle crie jamais. Elle a une voix douce qui ressemble à une fleur blanche et qui a le goût des cookies de Noël avant qu’on mette les paillettes sucrées dessus.

Notification 2

Article - Résumé

Anna, 5 ans, et son petit frère Stick campent avec leurs parents dans un parc naturel sauvage lorsqu’ils sont surpris en pleine nuit par ce que la petite fille confond avec un gros chien. Le lendemain, Anna découvre qu’elle et Stick sont désormais seuls, et que c’est à elle, la « grande », qu’il incombe de protéger son frère. Débute alors pour les deux enfants isolés une dangereuse errance…

Les mots d’une petite fille essayant de donner un sens à un monde soudainement devenu hostile confèrent à ce roman une puissance toute particulière. Entre Into the Wild et Room, un vrai tour de force.

Article - Mon avis

Je remercie chaleureusement les Éditions Kero pour ce partenariat.

Comme nous l’indique parfaitement le résumé, nous découvrons Anna et sa famille alors qu’ils campent dans un parc naturel sauvage. En pleine nuit, alors qu’elle dort avec son petit frère de 2 ans, Stick, dans la tente, elle est réveillée par des cris affolés. Ne pouvant pas croire que ses parents, si calme et doux, puissent hurler de la sorte, elle se persuade qu’il s’agit là d’un cauchemar. Le lendemain, c’est l’incompréhension ! Elle se retrouve seule avec son petit frère, dans cette nature hostile, à tenter d’échapper à ce grand chien noir qui s’approche dangereusement …

Je ne sais clairement pas à quoi je m’attendais car, en y réfléchissant c’est logique, mais je ne m’imaginais pas que la narratrice de ce récit serait justement Anna, cette grande sœur de 5 ans qui va devoir protéger son frère. Et si, sur le début, ce décalage entre le lecteur et les pensées futiles de cette petite fille dans une telle situation est intéressant, il a malheureusement finit par m’agacer …

Comme je le disais, j’ai beaucoup aimé toute la première partie qui nous explique l’attaque de l’ours et nous décrit comment les enfants ont réussi à s’en sortir. C’est à la fois prenant et poignant. Et cette narration enfantine permet tout d’abord de ne pas tomber dans l’horreur ; mais également d’avoir un point de vue différent de par l’innocence due à leur âge. Anna ne se rendant pas compte de la gravité de la situation, ces questionnements ne sont que matérialistes et surtout, purement égoïstes.

Et c’est là que le bât blesse ! À partir du moment où Anna et Stick se retrouvent livrés à eux-mêmes au beau milieu de ce parc naturel, cette narration m’a agacé et irrité au plus haut point. Ces mots d’enfants qui étaient au départ touchant, deviennent interminables et extrêmement lassants ! D’autant plus que l’avalanche de pensées qu’un enfant peut engendrer en un laps de temps limité donne lieu à de looongues phrases donc le sens premier se perd au fil des mots …

Maintenant que j’ai plus d’habits mouillés sur moi, ma peau est bien chaude et je lève les bras au ciel. On doit attendre nos parents ici, c’est pas un problème puisque le soleil me sourit et me chauffe. Je laisse mes doigts de pied gigoter parce que les cookies ont versé du sucre en poudre dessus, et puis je sautille sur un pied et je sens de la terre craquante dessous mais je vois un peu de sable plus près de l’eau et j’y vais, c’est beaucoup plus agréable et doux de marcher là, mes pieds bougent tous seuls et mes mains font bonjour et je ris parce que c’est amusant, et alors Stick vient me rejoindre. Il saute sur place et il secoue les mains comme moi, c’est la seule façon de danser qu’il connaisse.

Cette phrase est un très bon exemple du décalage imposé entre la narratrice et nous, lecteur ! Il est évident qu’à son âge, elle ne conçoit pas la situation comme une adulte le ferait et c’est ce qui rend l’intrigue très réaliste. L’auteur a parfaitement réussi à nous retranscrire les futilités enfantines, de ce côté-là, je lui tire mon chapeau. L’exercice ne devait pas être simple mais il est réussi. Cependant, ça n’a fait que me fatiguer, et j’ai rapidement décroché …

C’est dommage car, pour ma part, cette narration est le gros point négatif de ce récit. Et pourtant, je suis sur qu’il peut être un magnifique coup de cœur pour d’autres, qui apprécieront ces phrases d’enfant à leur juste valeur.

[…] et ses yeux pleurent mais pas parce qu’il est triste, comme des larmes qui en sont pas et qui viennent d’un autre endroit que quand on est triste, on dirait qu’elles montent de la gorge et coulent par les yeux alors que les larmes tristes viennent du cœur. C’est des larmes de rire qui roulent sur ses jours […]

En bref : un récit qui, tiré d’une histoire vraie, nous donne froid dans le dos ! L’auteur a réussi à nous plonger aux côtés d’Anna très rapidement grâce à une intrigue qui démarrait très bien. Malheureusement, je n’aurais pas du tout accroché au choix de narration qui a rendu ma lecture assez laborieuse. Malgré ça, l’épilogue aura réussi à m’émouvoir et même à m’arracher une petite larmichette.

Partenariat
Kero

« Ta façon d’être au monde » de Camille Anseaume

Article - Présentation

Je donnerais tout pour te sortir de ce cauchemar. Je voudrais te le jurer sur ce que j’ai de plus cher, mais ce que j’ai de plus cher, c’est toi.

Notification 3

Article - Résumé

Elles sont amies d’enfance. L’une est inquiète, rêveuse, introvertie ; l’autre est souriante, joyeuse, lumineuse. Ensemble, elles grandissent, découvrent la vie, l’amour. Jusqu’à ce qu’un drame bouleverse le monde qu’elles se sont bâti… Un roman poignant sur l’amitié, le deuil, et sur ce point de bascule irréversible qui sonne la fin de l’insouciance.

Article - Mon avis

Je remercie chaleureusement les Éditions Kero pour ce partenariat.

Dès les premières lignes, j’ai été surprise et extrêmement perturbée par le style de narration qu’a choisi Camille Anseaume. Les deux amies ; et personnages principaux ; étant désignées par « Elle » et « Tu », la moindre seconde d’inattention pouvais me faire perdre le fil de ma lecture. On ne comprend pas toujours qui s’exprime et, pour être tout à fait honnête, j’ai bien failli abandonner assez rapidement tellement je trouvais que cela nuisait au plaisir de la lecture. Car, même si ce procédé est original, il tient le lecteur à bonne distance de ces personnages et n’instaure pas cette promiscuité qui me permet, personnellement, de me sentir investie dans leur histoire. Le lecteur restant simple spectateur …

Elle feuillette l’album, et se voit grandir de page en page. Dormir, baver, ramper, marcher, jouer, vieillir, poser. Mais entre deux clichés, presque rien. Elle était ou, pendant tout ce temps ?

Toute cette première partie ; qui dure quand même une bonne moitié du roman ; nous permet de découvrir ces deux amies d’enfance que tout oppose et qui, pourtant, ne se quitteront pas. De l’école au collège, en passant par les vacances à la mer et les premiers petits copains, leur amitié sera de plus en plus fusionnelle et les mènera jusqu’à la vie adulte, au cœur de Paris ! C’est là qu’elles vont vivre leurs premières soirées entre amis, découvrir la fac, décrocher leur premier travail. Mais également vivre des épreuves plus difficiles, tel que le deuil …

C’est à ce moment que la narration change ! La jeune fille angoissée qu’est « Elle » prend la parole en « Je ». Clairement, je n’ai pas compris l’intérêt de ce changement en plein milieu de la lecture. Mais je ne vais pas me plaindre car elle est beaucoup plus personnelle et touchante que la narration choisie pour la première partie, ce qui rend la lecture plus agréable et fluide !

Cette seconde partie est beaucoup plus sombre mais criante de vérité ! Fini l’insouciance, elles vont devoir faire face à la mort, au deuil qui en découle et a la façon que chacun à de se reconstruire, de continuer à vivre.

Même si j’ai été touchée par la façon dont l’auteur aborde le sujet, tout en pudeur et sobriété, j’avoue ne pas m’être totalement sentie investie dans le récit. J’ai eu l’impression que les différents personnages, qu’ils soient principaux ou secondaires, étaient survolés ! Peu de détails nous sont dévoilés et cette sensation de « manque d’information » m’a dérangée … Il est difficile de se sentir concernée ou de ressentir leur tristesse alors qu’ils ne restent pour nous, lecteur, que des étrangers.

Troublée par la fumée qu’on souffle, la scène paraît irréelle, plus douce. Fumer tue, mais quand même moins que la mort.

Concernant la fin, je suis restée assez choquée de ne pas avoir compris plus tôt ! J’avais presque cette envie de reprendre le récit depuis le début afin de voir si ma perception des choses en serait changée. Et puis, j’ai repensé à la narration … Non merci ^-^

C’est quand même dommage cette histoire de narration ! Car, pour le reste, Camille Anseaume a réellement une écriture formidable ! À la fois poétique et assez mystérieuse, elle se lit sans encombre et est extrêmement agréable. Les métaphores et les jeux de mots se côtoient pour former des phrases justes et percutantes, c’est ce qui m’a donné envie d’aller jusqu’au bout ! Et je suis sûr que ce roman aurait pu être un coup de cœur …

En bref : « Ta façon d’être au monde » est un joli récit d’amitié, de deuil et de reconstruction. Camille Anseaume nous emporte en quelques mots formant de jolies phrases percutantes et touchantes. Dommage d’avoir choisi ce procédé de narration qui rend la lecture chaotique et ne permet pas de se sentir totalement emportée aux côtés des personnages.

Je voudrais finir sur cette citation que j’ai particulièrement aimée, l’insouciance de l’enfance à l’état pur :

Figure-toi que vous veniez toutes les deux d’avoir une petite sœur qui s’appelait pareil, enfin  « pareil » c’était pas son prénom, disons qu’elles avaient le même, de prénom, et aussi d’âge. Tu lui as dit que la tienne était trisomique, elle a répondu que la sienne était capricorne.

Partenariat
Kero

« Hanna » de Laurence Peyrin

Article - Présentation

Parce que les couples soudés et complices faisaient cela : ils parlaient, le soir en rentrant d’un repas de famille, en quittant leurs chaussures, assis sur un coin du lit, en se démaquillant dans la salle de bains, ils refaisaient leur petit monde, se félicitant d’être eux-mêmes plutôt que les autres.

Coup de coeur

Article - Résumé

Après La drôle de vie de Zelda Zonk, Prix Maison de la presse 2015, Laurence Peyrin redonne vie à ses personnages pour notre plus grand bonheur dans une nouvelle histoire savoureuse et intense.

Suffirait-il de partir pour tout oublier ? En tout cas, c’est ce qu’a voulu croire Hanna. Pour effacer le souvenir de son amant, la jeune femme a quitté l’Irlande et a ouvert à New York une librairie, Pemberley, un endroit chaleureux où l’on vient piocher un bon livre et rester des heures à grignoter les meilleures pâtisseries de Manhattan.
Au milieu de cette nouvelle vie il y a la petite Eleanor, 6 mois, qui, bien malgré elle, complique tout… et rend l’oubli impossible. Hanna l’ignore encore, mais elle n’est pas la seule à avoir enfoui un secret trop grand pour elle. Bientôt, elle va découvrir que ses proches ont tous quelque chose à lui cacher : son mari, sa sœur, et même la mystérieuse Zelda Zonk depuis l’au-delà !
Que se passera-t-il pour Hanna lorsqu’un tout petit événement, presque anodin, fera éclater la vérité ?

Article - Mon avis

Je remercie chaleureusement les Éditions Kero pour ce partenariat.

Si vous avez lu « La drôle de vie de Zelda Zonk », cette suite est à ne pas louper ! Dans le cas contraire, je pense sincèrement que ce n’est pas dérangeant, mais l’histoire vous semblera certainement incomplète …

/ !\ Risque de spoiler à propos de « La drôle de vie de Zelda Zonk » / !\

Souvenez-vous : lors de ma chronique du livre précédent, je vous disais avoir été rapidement lassée par l’histoire d’Hanna, voulant en savoir plus sur Zelda Zonk. C’est donc avec un grand intérêt, surmonté d’une petite appréhension tout de même, que je me suis plongée dans « Hanna ». Chose que je ne regrette pas étant donné que j’en ressors totalement convaincue !

Nous retrouvons donc Hanna, fraichement arrivée à New York, peu de temps après la naissance de sa petite Eleanor. Malgré un bonheur apparent, Hanna n’est toujours pas heureuse ! Elle fuit son passé et évite tout ce qui pourrait la faire penser à Michael. Mais, décidée à combler ces envies de libertés et d’occupation, Hanna se lance dans l’idée d’ouvrir sa propre affaire : Pemberley ! Le projet est des plus originales ; alliée une librairie, à une bibliothèque et un salon de thé ; et rencontre un franc succès que même elle n’aurait pu imaginer. Mais, à trop fuir son passé, il lui reviendra d’un seul coup en plein visage …

L’amour et la peur qu’on a pour les gens ne doivent pas les déposséder de leur vie. De leur envie de se mettre en danger, parfois. On a tous droit à nos tempêtes.

Ce que je reprochais au livre précédent n’a plus lieu d’être. Nous sommes toujours au centre de la vie d’Hanna, de ces doutes, de ces choix ; mais le mystère autour de Zelda Zonk occupe une grande place également, et nous allons aller de révélations en révélations. Le tout formant un savant mélange d’émotions et de sentiments ! Et je pense sincèrement que l’évolution des différents personnages forme en grande partie le succès de ce roman.

Hanna est décidée à profiter de sa vie, à ne plus vivre dans le mensonge, d’assumer ces choix et de prendre le bonheur comme il vient ! On la sent libérer d’un poids, plus sereine aussi, et totalement investie et passionnée par Pemberley. Sans oublier la petite Eleanor qui, sans le savoir, va lui permettre cette remise en question.

L’histoire de Jeff est également plus développée et on se rend rapidement compte qu’Hanna ne porte pas tous les torts. Lui non plus n’a pas été totalement honnête et cache de lourds secrets depuis quelques années. La communication dans leur couple est compliquée, chaque remarque se transforme rapidement en reproche et les conversations sont laborieuses …

Certains personnages secondaires m’ont également beaucoup touché ! Comme Marsha, la meilleure amie d’Hanna, pour sa présence réconfortante et ces oreilles attentives. Elle est toujours présente pour elle, lui donnant son avis sans jugement. C’est une présence discrète mais agréable.
Et puis, il y a Sybil, la belle-sœur d’Hanna. Déjà présente dans le livre précédent, je l’avais trouvé légèrement hautaine. Ici, nous la découvrons plus sereine et épanouie. Elle a trouvé sa place grâce à Pemberley et elle est un réel soutien pour Hanna.

Sur le trottoir encore peuplé à dix heures du soir, le reliquat de brume froide qui traînait à la queue de l’hiver le saisit. Jeffrey était descendu si vite qu’il avait oublié de prendre sa veste. Parfois, il ne réfléchissait plus, il fallait juste qu’il sorte, point.

Comme je vous le disais, l’intrigue autour de Marilyn Monroe / Zelda Zonk est également bien présente ! C’est la nouvelle vie d’Hanna qui va nous permettre d’en savoir plus sur cette femme pleine de mystère et sur ces petits secrets. De là à savoir si Zelda Zonk est bien Marylin … Je vous laisse le découvrir par vous-même ^-^

Laurence Peyrin nous offre un joli roman rempli de petit bonheur. De plus, le style d’écriture est très agréable et permet une lecture très fluide et rapide, que demander de plus ?

En bref : ce roman nous transporte facilement de New York à Londres, en passant par l’Irlande ; et clôture parfaitement l’histoire d’Hanna et de Zelda. L’intrigue est maintenue jusqu’à la fin et nous fait passer de très bons moments aux côtés des différents personnages. C’est donc avec un joli coup de cœur que j’ai terminé mon année 2015 !

Partenariat
Kero

« Faits d’hiver » d’Alice Moine

Article - Présentation

J’ai juste le temps de penser : voilà, c’est ma vie, quand soudain tout se désagrège dans un vacarme de mort.

Notification 3

Article - Résumé

Quelque part dans la ville, un immeuble se tient droit sur ses fondations. Plus pour longtemps si l’on en juge par la forte odeur de gaz qui s’échappe d’un appartement. Avant que la flamme d’un briquet n’embrase les cinq étages, dix histoires d’hommes et de femmes s’y entrecroisent. Qui sont-ils ? Par quels hasards et coïncidences échapperont-ils à ce rendez-vous fatal ? Alice Moine nous offre un premier roman tout en délicatesse, dessinant grâce à un claquement de porte ou un bruit de talon le microcosme d’un immeuble, avec ses joies et ses peines.

Article - Mon avis

Je remercie chaleureusement les Éditions Kero pour ce partenariat.

Habituellement, je ne suis pas du tout attirée par tout ce qui ressemble à un recueil de nouvelles. Je trouve toujours les histoires trop courtes et peu développées. Mais cette fois, étant intriguée par le résumé, j’ai quand même voulu tenter l’aventure. Je ne dirais pas que j’aurais dû m’abstenir car j’ai apprécié ma lecture. Mais il m’a quand même manqué quelque chose

Sur le principe, Faits d’hiver pourrait s’apparenter à un recueil de nouvelles. En effet, chaque chapitre nous offre un moment de vie de chaque locataire de l’immeuble. Et c’est cette manière de lier les locataires, qui a première vue ne se connaissent pas tant que ça, que j’ai trouvé très intéressante. Par le simple fait de se croiser dans l’escalier, d’une odeur ressentie dans le couloir ou d’un bruit de télévision familier ; ils vont se passer le relais pour nous livrer leur récit. Des récits qui, malheureusement, se termineront toujours de la même manière …

Bizarrement, moi qui aime avoir des personnages aboutis, le fait que ceux-ci ne le soient pas forcément ne m’a pas dérangé. Certains parlent mais nous ne livrent même pas leurs noms, il reste mystérieux et ne dévoile leur personnalité que très lentement. Ça donne à l’ensemble du texte un petit côté décalé que j’ai beaucoup apprécié ! Et c’est au travers de ces personnages très différents les uns des autres, tant au niveau de l’âge, du sexe, de la situation sociale ou professionnelle, que l’auteur aborde plusieurs thèmes et sentiments tels que la jalousie, le deuil, la solitude, la vengeance, … Mais aussi la joie, l’espoir et le bonheur !

Je fermai les yeux, sereine d’être toute entière dans l’instant présent.

En allant à l’essentiel et sans fioritures, Alice Moine arrive, en peu de lignes, à nous décrire chaque situation. Les mots sont simples mais choisis avec soin, ce qui rend la lecture très agréable et rapide. Visuellement parlant, rien que les titres des chapitres nous permettent d’avoir un repaire étant donné qu’ils indiquent l’emplacement de l’appartement des personnages prenant la parole. De plus, elle nous offre une fin assez « surprenante », mais belle, en jouant sur deux tons : le drame, à cause de l’explosion ; mais également la joie de cette jeune fille qui l’aperçoit depuis le cimetière qu’elle traverse chaque jour.

Ce qui me manque dans ce récit, c’est tout simplement une intrigue ! Car, dès la fin du premier chapitre, on sait que l’explosion aura lieu, c’est inévitable. On ne sait pas qui sera dans l’immeuble, ni de quoi sa vie est faite, mais il y aura certainement des victimes. Malheureusement, le fait de ne pas avoir le temps de s’attacher aux différents protagonistes fait que nous n’avons pas ce sentiment d’inquiétude. C’est dommage …

En bref, Faits d’hiver est un joli récit qui nous prouve que chaque vie peut, à un moment ou un autre, être infimement liée. Malheureusement, et ce malgré une écriture très agréable et des personnages sympathiques, je n’ai pas réussi à être touchée par ces histoires. J’ai refermé le livre avec un léger sourire aux lèvres mais sans avoir ressenti de réelles émotions …

Partenariat
Kero

« La contre-heure » de Sébastien Hoët

LEC - La Contre-heure

Je monte les escaliers, il n’y a personne, le monde est mort, et rien ne m’empêche de monter toujours, tout ce qui est m’appartient, tout ce qui est ne sera qu’aussi longtemps que je suis.

Notification 1

Article - Résumé

Gilles est professeur de philosophie dans un lycée. Il est séduisant, brillant, un brin iconoclaste, témoin halluciné de la médiocrité moderne. Ce jour de rentrée commence bien mal puisque Victoire, une élève de première, s’est défenestrée du troisième étage du lycée. Une nouvelle année de débâcle dans les couloirs de l’Éducation nationale ? Une jeune femme aux yeux verts y apparaît pourtant, qui pourrait changer le monde.

Article - Mon avis

Je remercie les Éditions Kero pour ce partenariat.

Si je devais résumer ma lecture en quelques mots, je dirais : perplexe, déçue, chaotique, … Comme vous le voyez, ça commence plutôt mal !

Une des raisons est très simple : à la lecture du résumé, je m’attendais à une intrigue centrée principalement sur Victoire. Pourquoi ? C’est une très bonne question ! Car, à bien y réfléchir, ce même résumé commence par « Gilles » et non pas par « Victoire » … Mais je pensais sincèrement que découvrir le récit d’une jeune fille qui se suicide en se jetant du 3ème étage de son lycée sans raison apparente serait plus intéressant que de suivre les réflexions d’un homme blasé par tout ce qui l’entoure …

Des journalistes rappliquaient déjà, une cellule de crise allait se constituer rapidement pour empêcher la contagion du suicide, véritable maladie, épidémie qu’il fallait stopper net avant qu’elle ne balance d’autres jeunes corps dans la cour.

C’est donc aux côtés de Gilles Lecomte, quadragénaire habitant à Lille et professeur de philosophie dans le même lycée que Victoire, que nous allons prendre place. Gilles est un homme déçu par son époque, qu’il juge déplorable. Déçu par les mentalités, les femmes, l’amour, l’éducation, les nouveaux enseignants, la technologie moderne, la littérature, l’édition, … Déçu par à peu près tout ce qui l’entoure ! Le suicide de Victoire est le déclencheur de ces réflexions, de cette remise en question, … Mais, à la longue, j’ai franchement trouvé ça lassant ! Il en devient aigri et hautain, désagréable, presque égoïste, et peu attachant … Même si l’on découvre qu’il cache en fait un mal-être présent depuis l’enfance, je n’ai clairement pas réussi à le prendre en pitié.

Régulièrement, de bien trop court chapitre nous expose les tourments de Victoire. Directement adressé au lecteur grâce à l’utilisation de la première personne du singulier (contrairement aux autres chapitres), ces quelques phrases nous permettent de découvrir ses pensées durant l’ascension de ses trois étages, avant qu’elle ne se jette de la rambarde. Elles nous permettent également de nous sentir proche d’elle, de la comprendre. Et ce sont ces petits chapitres que j’attendais avec impatience mais qui passaient malheureusement bien trop vite …

Écrire ne consiste pas à poser les mots, même pas à user d’une langue maîtrisée, écrire c’est voir enfin, garder, préserver, et rendre aux autres, faire voir, faire jaillir, laisser s’effuser ce qui ne nous apparaît pas dans la répétition des jours, mais seul, véritablement, est.

Outre les personnages, c’est avec le style que je n’ai pas du tout accroché. J’ai eu cette impression d’écriture pressée où tout va trop vite ; comme si l’auteur se perdait dans ses pensées, ses descriptions … Je suis une adepte des virgules car je pense que, bien placées, elles contribuent à une compréhension pour facile. Mais son utilisation abusive rend la lecture déroutante et désagréable.

Autre point, mais qui est totalement personnel pour le coup : les références à certains écrivains et à leurs œuvres sont nombreuses. Ce qui peut être un bon point … Quand on les connaît ! Ce qui n’était malheureusement pas mon cas. La lecture n’est fut que plus chaotique …

C’est vraiment l’heure d’après, la seconde de trop, où tout paraît dans sa vérité crue, hébétée, sordide et séduisante, dans la nudité de sa matière. L’homme retourné à la matière, la femme retournée à la matière, s’offre et s’absout. L’heure de la suée intime, l’heure de l’accueil. L’heure à laquelle il faut avoir le talent de produire le bon pas, oui, oui, le bon pas, il faut que je produise le bon pas, de toucher du bout du doigt une hanche, un ventre sous le tissu mouillé.

En bref : j’ai réellement eu du mal avec cette lecture. Le fond et la forme me sont passés totalement au-dessus. J’aurais apprécié avoir un lien plus prononcé entre Victoire et Gilles, plutôt qu’un élément déclencheur … Non, en fait, j’aurais simplement voulu moins de Gilles, pour plus de Victoire !

Partenariat
Kero

« La drôle de vie de Zelda Zonk » de Laurence Peyrin

Article - Présentation

Elle n’avait jamais vraiment enregistré le nom de Zelda. « Mme Zonk », c’était certainement ainsi que les médecins s’étaient adressés à sa voisine, mais les syllabes avaient glissé dans l’air cotonneux de la chambre blanche sans qu’Hanna prête attention à la drôle de combinaison que formaient son prénom et son nom remis dans l’ordre.
Zelda Zonk.

Notification 3

Article - Résumé

Foutu mardi, foutue pluie… Sur cette route d’Irlande qu’Hanna a prise tant de fois pour aller à son atelier, c’est l’accident. À l’hôpital, la jeune femme se lie avec Zelda, sa voisine de chambre de 85 ans, positive et joyeuse, experte en broderie. Mais Hanna sent un mystère chez la vieille dame, qui esquive toute question précise sur son passé. Que peut-elle avoir à cacher, à son âge ? Bientôt, Hanna découvre que Zelda Zonk était le nom d’emprunt de Marilyn Monroe quand elle voulait passer inaperçue. Hanna sait bien que c’est absurde, Marilyn est morte il y a presque cinquante ans, et pourtant… Tout en menant l’enquête, Hanna commence à réfléchir au sens de sa propre vie. Est-elle vraiment épanouie dans ce hameau perdu, dans ce mariage routinier ? Si vraiment Zelda est Marylin, si elle a réussi à passer de la lumière à l’anonymat, pourquoi elle-même ne pourrait-elle pas changer de vie ?

Article - Mon avis

Comme toujours, je remercie les Éditions Kero pour cet envoi ! Je ressors de cette lecture avec un avis assez mitigé même si j’ai malgré tout passé un bon moment.

Nous faisons donc la connaissance d’Hanna et Jeffrey Reagan, un couple assez routinier vivant dans un petit village irlandais du nom de Dearbly-Upon-Haven. Lui est un ancien journaliste, reporter de guerres, reconverti en écrivain. Elle, s’est associée à Marsha et travaille une fois par semaine dans une petite boutique qui propose de redonner vie à de vieux objets.
Mais, suite à un accident de la route survenu alors qu’elle se rendait à l’atelier, Hanna va être hospitalisée. Sa voisine de chambre, Zelda Zonk, est une vieille dame pleine de sagesse mais qui cache également bien des secrets.
C’est en rentrant chez elle qu’Hanna découvre que ce nom « Zelda Zonk » était celui que prenait Marilyn Monroe pour passée inaperçue … Décidée à mener son enquête, elle va elle aussi reconsidérer sa vie, son mariage, son quotidien tranquille, … Et si Marilyn et Zelda n’étaient qu’une seule et même personne ? Elle aussi, pourrait-elle changer de vie ?

En commençant ma lecture, je n’avais pas de réelles attentes. Le résumé nous donne quelques informations mais ne nous éclaire pas complètement sur la tournure que prendra l’intrigue. Une « enquête » pour découvrir qui est réellement Zelda Zonk sur fond de remise en question personnelle ? Ou l’inverse ? Ce qui fait que, finalement, je ne ressors pas déçue de cette lecture. Mais pas totalement convaincue non plus. C’est une histoire agréable, mais sans plus …

Pourtant, le début, bien qu’un peu trop lisse à mon goût, est assez prometteur ! La rencontre entre Hanna et Zelda est clairement le point de départ de ce récit. C’est à ce moment que prends vie le mystère entourant Zelda, mais aussi toutes les réflexions d’Hanna !

Zelda est une vieille dame de 85 ans à la gaieté naturelle. Pleine d’humour et très attachante, elle a totalement changé de vie du jour au lendemain par amour. Lorsqu’elle va raconter son histoire à Hanna, celle-ci va réfléchir et se poser tout un tas de questions sur sa vie ! Ce qu’elle aurait pu être, ce qu’elle est, ce qu’elle pourrait devenir, … Mais, curieuse, Hanna voudrait également savoir si Zelda et Marilyn forment une seule et même personne.

Toute cette partie est intrigante mais, même si le personnage de Zelda est important, on se plonge principalement dans les tourments d’Hanna. Et c’est cette partie justement qui me laisse perplexe. Car, d’un côté, j’ai apprécié de la découvrir dans cette période de questionnements et de remise en question. On découvre une femme qui se pensait épanouie alors qu’en réalité, elle rêve d’une vie plus trépidante qui lui donnerait un sens. Mais d’un autre côté, je ne peux approuver les choix que ces réflexions lui amènent à faire !

Je ne lui jette pas la pierre étant donné que je pense sincèrement que son mari, Jeff, est aussi fautif qu’elle dans leur histoire. Mais de là à le tenir pour responsable de la banalité de sa vie … Après, je dois quand même avouer que le fait de partager la vie d’Hanna, avec ces doutes, ces envies, ces sentiments et ces émotions ne nous permettent pas forcément de juger, juste de désapprouver … Principalement à lisant la fin (qui est assez ouverte, soit dit en passant), qui nous prouve que personne n’est jamais tout blanc ou tout noir ! (Et je n’en dirai pas plus sous peine de vous spoiler ^^)

On ne s’attend jamais à tout ce qui peut nous arriver quand on s’embrasse gaiement sous le gui pour le Nouvel An.

Laurence Payrin nous livre simplement une histoire de vie, celle d’Hanna. Et même si le récit nous est raconté à la troisième personne du singulier, l’auteur arrive à la rendre plus personnel. Elle nous parle d’amour, d’amitié, de fidélité, d’acceptation, … Mais également de mensonges et d’adultère ! Les quelques touches d’humour sont appréciables et l’écriture, descriptive et fluide, est agréable.
Cependant, je n’ai pas trouvé un rythme très soutenu. Je me suis lassée, et parfois même ennuyée, assez rapidement … Je pense que j’aurais apprécié d’avoir plus de Zelda et moins d’Hanna.

En bref, « La drôle de vie de Zelda Zonk » est un récit qui me laisse perplexe. J’ai aimé toute l’histoire tournant autour de Zelda mais celle d’Hanna m’a rapidement lassée. Malgré cela, la plume de l’auteur est agréable et elle sait rendre ces personnages réels. Quant à savoir si Zelda Zonk est bien Marilyn Monroe … Je vous souhaite une bonne lecture 😉

Partenariat
Kero

« Parfaite » de Caroline Kepnes

Article - Présentation

– Eh bien, acheter un livre est une des rares choses honnêtes que nous fassions. Ce type-là n’est pas venu acheter du Dan Brown ou du Salinger. Ce type est entré ici pour se confesser …
– Vous êtes un prêtre ?
– Non, je suis une église.
– Amen.

Notification 3

Article - Résumé

Est-ce de l’amour ? De l’obsession ? Glissez-vous dans la peau d’un psychopathe pour qui la différence entre les deux est si infime… Lorsque Beck pousse la porte de sa librairie, Joe est immédiatement sous le charme. Ravissante, effrontée, sexy, elle est tout simplement tout ce qu’il cherche chez une femme. Et quand Joe aime, c’est d’un amour total, inconditionnel. Obsessionnel. Dangereux ? Il commence par infiltrer la vie de Beck par tous les moyens. Il se procure accès à ses mails, la suit virtuellement sur les réseaux sociaux et physiquement dans les rues de New York. Comme il sait tout d’elle, il devance ses moindres désirs. Il est sensible, romantique, toujours au bon moment au bon endroit. Mais si Beck ignore l’ampleur de l’obsession de son nouveau petit ami, Joe ne connaît pas non plus toutes les facettes de sa proie…

Article - Mon avis

Comme à chaque fois, je vais commencer par remercier les Éditions Kero pour ce service-presse.
Lors de l’envoi, ils m’ont prévenu que les avis publiés jusqu’ici étaient plutôt mitigés, ce que je peux largement comprendre. Mais, pour ma part, si je devais résumer ma lecture en deux mots, je dirais plutôt qu’elle était tout ce qu’il y a de plus déroutante et fascinante !

Tout d’abord par rapport à la narration qui est assez particulière. En effet, nous nous retrouvons au cœur des pensées les plus intimes d’un psychopathe ; Joe ; grâce à une sorte de journal intime, écrit à la première personne du singulier, et qui s’adresse à un « tu » qui n’est autre que sa victime ; Beck. Ce qui est assez déstabilisant car on est à la fois à la place de la victime grâce à (ou à cause de) ce « tu » mais nous nous retrouvons également pris au piège des humeurs de cet être à l’esprit légèrement (euphémisme) tordu !

Comme je le disais, c’est déstabilisant, mais c’est également très plaisant ! Dans d’autres romans de ce genre, nous sommes presque toujours du côté de la victime ou des personnes censées prendre en charge cette affaire. Pour une fois, nous sommes réellement du côté des méchants et c’est assez novateur de pouvoir essayer de comprendre ce qui se passe dans le cerveau de quelqu’un tels que celui de Joe.

Tu as un frère, Clyde. Tes parents ont vraiment été des connards quant il s’est agi de vous trouver des prénoms. Tu as une sœur, Anya. Des connards, donc, mais pas le genre que j’imaginais.

Joseph Goldberg, Joe, est un jeune homme qui, au premier abord, est assez « normal » et sympathique. Il n’a pas fait de grande étude mais il est malgré tout très cultivé, notamment grâce à son travail de libraire qui lui permet de lire énormément. Il a le profil du bon copain : à l’écoute, attentionné, compréhensif et … obsessionnel ! C’est ce dernier point qui fait de lui une personne déséquilibrée et dangereuse ! Particulièrement lorsqu’il tombe amoureux, son obsession n’a alors aucune limite et ses émotions passent de l’une à l’autre en un quart de seconde …

Et c’est Guinevere Beck, une jeune étudiante accro aux réseaux sociaux et futur écrivaine, qui va en faire les frais ! Aimant se sentir désirée, elle multiplie les conquêtes et va jouer avec Joe sans se douter de ce qui se trame dans son dos (remarque, elle non plus n’est pas très net dans sa tête …).

Car oui, chaque jour, Joe l’espionne, l’observe et la suit partout, que ce soit dans ces déplacements ou via les technologies modernes tels que sa boîte mail, Facebook, Twitter, … Rien ne lui échappe, il sait tout, sur tout ! Ce qui lui permet de se rapprocher d’elle en sachant toujours ce qu’elle attend de lui. Au fil des jours, Beck devient une véritable passion ! Une passion qui le pousse à tuer au nom de l’amour toute personne qui se mettre en travers de son chemin. Et tout ça sans aucun remords ou sentiments de culpabilité bien sûr, car il est évident que ce sont les autres qui ont des problèmes, pas lui

C’est énigmatique, terrifiant et pourtant, si intrigant ! Petit à petit, l’auteur nous entraine dans les pensées malsaines d’une personnalité à la psychologie machiavélique. On lit, on essaye de comprendre sa personnalité et ses agissements mais nous ne sommes pas des psychopathes en puissance (du moins je l’espère ^^) …

Ce récit pourrait également faire l’objet d’une étude concernant la sécurité de notre vie privée sur les réseaux sociaux. En effet, c’est impressionnant (et extrêmement flippant) de découvrir avec quelle facilité Joe récolte toutes ces informations. Alors oui, nous sommes dans une fiction mais quand même … L’espionnage informatique fait partie de la société actuelle et malheureusement, nous ne sommes jamais à l’abri d’un détraqué poursuivant nos moindres fait et gestes …

Mais c’est terrible de mépriser ce qu’on a parce qu’on n’a pas ce qu’on veut.

Parfaite est un thriller psychologique très complexe qui sort des sentiers battus ! Si vous cherchez du suspense et du gore à gogo, passez clairement votre chemin ! Mais si vous êtes attiré par les ambiances froides sur fond d’un amour pervers, n’hésitez pas ! Certes, vous ne ressentirez pas de grandes émotions mais le personnage de Joe peu facilement vous fasciner et / ou vous horrifier de façon addictive.

Je suis dans les compliments depuis le début de ma chronique mais j’ai malgré tout quelques points négatifs à soulever ; deux, tout particulièrement.

Tout d’abord, il y a un sérieux problème de rythme et ce, même si nous ne sommes pas dans un texte propice aux scènes d’actions ou de rebondissements. À voir le temps que j’ai mis à lire les 300 premières pages, on peut franchement dire que ma lecture à commencer laborieusement ! Non seulement à cause de répétitions certaines mais également de descriptions tirées en longueur … Les 200 dernières pages sont nettement mieux mais ça ne rattrape pas tout, malheureusement.

Ensuite, il y a les références qui sont beaucoup trop nombreuses à mon gout ! Que ce soit des auteurs, des livres, des scènes de films, des chansons, … Ça plombe un peu le texte, particulièrement quand celles-ci nous sont inconnues, et clairement : trop de références, tue la référence !

Et en dernier, un point qui n’est pas vraiment négatif mais légèrement dérangeant : je trouve qu’il est dommage d’avoir une écriture si particulière en étant si vulgaire. Franchement, la vulgarité ne m’effraye pas, surtout lorsqu’elle sert à appuyer la personnalité d’un personnage comme Joe. Mais, à force, elle n’a plus vraiment d’utilité à mon sens …

En bref : un thriller excitant (mais terrifiant) qui vous permettra d’être transporté dans le cerveau tordu d’un psychopathe obsessionnel. Vous le suivrez dans ces désirs et ces délires. C’est un récit intrigant et intéressant. Dommage que le rythme ne soit pas plus soutenu …

Partenariat
Kero