« Et je renaitrai de mes cendres » de Laurence Finet

Et je renaitrai de mes cendres

Petit enfant intérieur, je te le promets, tel le phénix je renaîtrai de mes cendres.

Coup de coeur

Article - Résumé

Il est des livres qui s’insinuent en nous. Des histoires qui commencent avec la légèreté du vol d’une abeille qui entre en bourdonnant par la fenêtre. L’histoire de Laurence Finet — son histoire ?— en fait partie. Un mari aimant, quatre beaux enfants, un travail sans doute trop prenant mais peu importe, demain c’est les vacances…

Et puis l’abeille pique. Et la douleur provoquée par la piqûre rappelle une autre blessure, plus ancienne. Nous voici alors inexorablement emportés. Derrière la légèreté du ton, des mots jetés, une accumulation de maux que l’on aurait crue inexprimable. Avec une grande pudeur et une bonne dose d’humour, Laurence Finet raconte les épreuves traversées, sans rien nous épargner. Et c’est grâce à une infinie délicatesse qu’elle parvient à nous faire ressentir toute la violence et l’horreur de ce qu’elle a dû endurer : « J’ai parlé. J’ai vomi des bribes de mon passé avec une telle violence que je me demande comment j’arrive encore à respirer. » Un témoignage soutenu par la force implacable du réel mais qui se lit comme un roman. Une fois refermé, plus d’autre choix que de respirer l’air et la vie à pleins poumons.

Article - Mon avis

Je remercie chaleureusement Babélio et les Éditions de l’Atelier pour ce partenariat.

Habituellement, ce n’est pas vers les témoignages que je me tourne en premier. Mais, lorsque j’ai reçu le mail de Babélio pour cette masse critique, le mystère du résumé m’a interpelé et j’ai tenté ma chance. Grand bien m’en a fait étant donné que j’ai été sélectionnée et que je ressors de cette lecture totalement chamboulée !

Comme je le disais, c’est tout d’abord le résumé qui m’a intrigué ! On nous parle de douleurs, de maux, de passé qui ressurgit, … sans jamais rien nommer. De quoi souffre Laurence ? Ou de quoi a-t-elle souffert ? Quelles sont ces douleurs, ces souffrances ? Si vous êtes comme moi et que vous ne vous êtes pas renseignée sur le livre ou l’auteure avant, c’est la lecture qui répondra à ces questions. Et c’est aussi ce qui fera que les quelques lignes du tout dernier chapitre vous feront l’effet d’un uppercut … Mais c’est une autre histoire dont je ne parlerais pas ici, je vous laisse découvrir cela par vous-même.

Je regarde ses lèvres qui murmurent, ses yeux qui me fixent. Je suis devenue subitement sourde mais j’entends. Je suis aveugle mais je vois ses mains qui se tendent vers moi, apaisantes. Je suis muette mais le tremblement incontrôlable de mes lèvres parle pour moi.

Laurence Finet est une femme qui, en apparence, à tout pour être heureuse ! Quatre beaux enfants, un mari aimant, une carrière en constante évolution, … Mais, le jour ou sa carapace commence à fissurer, c’est toute sa vie qui est remise en question. Après tant d’années de honte et de culpabilité, Laurence ne peut plus porter ce lourd secret toute seule. Elle ne peut retenir les mots plus longtemps, il faut qu’elle parle, qu’elle crache son passé avant qu’elle ne s’étouffe ! Mais, comme si cela ne suffisait pas, cette douleur en amène une autre, tout aussi difficile à combattre : la maladie …

Nous allons suivre le quotidien de cette maman courageuse ; plonger dans ces souvenirs, ces réflexions, ces sentiments, … Nous allons découvrir une femme intéressante qui, malgré tout, garde le gout de la vie et de ces petits bonheurs du quotidien. Une combattante, une guerrière ! Une femme qui, grâce à des mots soigneusement choisis, arrive à nous raconter ces atrocités sans tomber dans le sordide, avec même quelques touches d’humour !

Nous allons également faire la connaissance de ces quatre beaux enfants : Mathilde, Élodie, Alexis et Juliette. Des enfants qui ont dû s’adapter, trouver leur place, comprendre ; qui ont souffert aussi, et peut-être même grandir un peu trop vite pour leur âge … Et puis, il y a Frédéric, son mari ! Un homme patient, attentif, compréhensif, réconfortant, présent, dévoué … Un homme amoureux, poussé par l’espoir, par son envie d’y croire !

Toute cette jolie famille a fait partie intégrante de mes quelques soirées de lectures. J’avais cette impression de les connaître, de vivre à leurs côtés, de rire avec eux, de souffrir avec eux ! La vie s’acharne sur Laurence mais elle peut compter sur sa famille qui l’accompagne et reste unie.

J’ai ouvert la porte de l’enfer et contemple le long parcours que j’ai vécu et accepté de vivre pendant si longtemps.

Outre le fait que la famille Finet soit très attachante, le point fort de ce récit reste la plume talentueuse de Laurence. De métaphores en jeu de mots, chaque tournure de phrases est soigneusement réfléchie pour atteindre le lecteur sans le brusquer. C’est juste, c’est poétique, addictif même, et extrêmement agréable à suivre. Les pages se tournent, les chapitres s’enchainent, sans encombre et sans lassitude.

En bref : ce livre est, paradoxalement, un véritable bonheur ! Il nous apprend à relativiser, à aller de l’avant, à ne pas penser qu’à soi. Certes, il est rempli de douleur et de souffrance, mais il est également plein de vie et d’amour ! Laurence Finet nous offre la chance de lire un récit autobiographique que l’on pourrait presque prendre pour de la fiction tellement son écriture à ce petit côté romancé et très agréable. Tristement, la chute est un peu douloureuse pour un lecteur non averti … Mais, merci Laurence !

Partenariat
Masse Critique Babélio  Les Editions de L'atelier

Cette chronique est un peu courte mais je pense sincèrement que, pour profiter pleinement de ce récit et de ses différents ressentis, il est préférable de le découvrir dans son intégralité.
Pas de spoiler, juste Laurence et vous ! Bonne lecture.