« La Formule du Nez » de Carole Boucly

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Comme autant d’aiguilles traversant son corps par le nez, les parfums déchirèrent un petit quelque chose dans son cerveau, provoquant un court-circuit qui associerait pour toujours n’importe quelle senteur au traumatisme de la mort de son grand-père.

Coup de coeur

Article - Résumé

Quand Zoé se voit offrir un emploi, elle est loin d’imaginer ce qui l’attend.

Plongée au cœur de l’étrange quotidien de Jules et du Nez, Zoé cherche à comprendre le mystère qui entoure les deux amis. De quel mal souffre Jules, enfermé dans sa prison de verre ?

Dans l’atelier du Nez, des sifflements résonnent… De surprises en fascinantes découvertes, Zoé aura fort à faire pour démêler les secrets d’une famille marquée par le drame. Mais parviendra-t-elle à trouver sa place auprès de ces deux inconnus sans perturber les liens qui les unissent ?

Article - Mon avis

Je remercie chaleureusement les Éditions Calepin pour ce partenariat.

Lorsque j’ai reçu le manuscrit de cette publication, Julie, Co-directrice éditoriale, ne m’en a fait que des compliments. Autant vous dire que dans ce cas, j’en attendais beaucoup, mais j’avais également peur d’être déçue … Finalement, elle avait raison ! Cette histoire a réussi à m’emporter du début à la fin. Que ce soit sur le fond ou sur la forme, je n’ai que des compliments à faire à Carole Boucly !

Il tourna les talons et disparut au coin de la rue, laissant Zoé perplexe. N’importe qui, à sa place, aurait trouvé ça louche et n’aurait pas hésité à jeter la carte de visite à la poubelle. Mais elle n’était pas n’importe qui.

À peine le récit commencé de quelques pages que j’étais déjà transportée. Que ce soit l’ambiance, la plume ou les personnages, tout est mis en œuvre pour nous faire oublier ce qui nous entoure réellement et nous nous retrouvons rapidement dans le petit village de Seyrac ! De plus, l’intrigue ne met pas longtemps à se mettre en place grâce à la présentation de nos trois principaux protagonistes.

Nous allons tout d’abord rencontrer Jules ; alors âgé d’une dizaine d’années, il est spectateur de la mort de son grand-père, renversé par un camion transportant des flacons de parfums. Vingt ans plus tard, il ne supporte toujours aucune odeur et vit reclus dans une grange spécialement aménagée par sa grand-mère, récemment décédée.

À ses côtés, le Nez, un ami fidèle depuis l’école primaire, qui a mis sa vie entre parenthèses afin de s’occuper entièrement de Jules. Passant la majeure partie de son temps à l’élaboration d’une formule qui inverserait le traumatisme de son ami, il a besoin d’une assistante qui s’occuperait de l’entretien de la maison.

Et c’est Zoé Desmoulins qui va devenir cette assistante. Pleine de joie de vivre et de motivation, elle va s’appliquer à distraire Jules, à le faire penser à autre chose qu’à son quotidien enfermé dans sa grange. Cette nouvelle routine lui plaît, elle se sent enfin à sa place : épanouie et heureuse !

Déjà plus de vingt ans passé entre ces quatre murs, contraints à ne pouvoir sentir la moindre odeur sous peine de se tordre de douleur. Et il commençait à perdre l’espoir d’être guéri un jour.

Dans ce trio, chacun trouve rapidement sa place ! Un petit triangle amoureux apparaît vaguement mais il est rapidement relayé au second plan, l’amour ne faisant pas partie de leurs priorités pour le moment. C’est donc une très belle amitié qui va les relier !

Alors que Jules nous apparaît comme un jeune homme assez « banale » si ce n’est son traumatisme olfactif qui l’empêche de vivre une vie normale; j’ai particulièrement apprécié le personnage du Nez. Il reste très mystérieux et assez discret, alors que la guérison de Jules ne dépend que de lui. Zoé, quant à elle, apporte cette petite touche de féminité et de fraîcheur très appréciable !

Outre ces trois personnages principaux, les personnages secondaires vont également jouer un rôle majeur dans cette intrigue, étant donné que celle-ci ne porte pas uniquement sur l’état actuel de Jules et sa guérison, mais également sur son passé et sa famille, … Chaque révélation arrive à point nommé pour nous surprendre alors que nous pensions que chaque facette de l’intrigue avait été dévoilées.

Bien que l’orgue des senteurs ne soit pas entrain de fonctionner, il sentait un étrange parfum, aux notes d’une rare amertume. Une odeur à glacer le cœur, qui se répandait dans les veines en acidifiant le sang. Il serra le poing, presque à s’en faire saigner la paume. Ce sentiment, c’était de la jalousie.

Si on met les personnages de côté, j’ai également été totalement séduite par l’ambiance donnée au récit mais également par la plume de l’auteur. L’ensemble est extrêmement agréable à lire, très poétique ; mystérieux aussi, mais également rempli de douceurs et de subtilités ! Nous avons là un récit qui mêle à la fois la musique, les souvenirs, les parfums, le romantisme ; mais également la solitude, le soutient et l’amitié ! C’est ce genre de récit qui apaise et nous laisse un petit sourire aux lèvres une fois terminé …

En bref : Carole Boucly nous offre un récit plein de poésie et de délicatesse, mais également très mystérieux. Ces personnages sont un atout, mais je souligne aussi l’ambiance générale de l’intrigue qui nous transporte rapidement dans son univers. Vous l’aurez compris, cette nouvelle publication des Éditions Calepin est un nouveau coup de cœur et je vous invite sincèrement à la découvrir !

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« Cycle de l’Enfant des Étoiles – Tome 1 : Lune de sang » de Nicolas Gomez

Article - Présentation

Bientôt nous remettrons Dimitsis dans le droit chemin. Tandis que les hommes se dirigent vers le mauvais côté de l’éternité, chaque nuit mes rêves se font plus clairs, plus précis. J’en ai désormais la certitude : d’un moment à l’autre, le ciel s’enflammera pour nous signifier le point de non-retour ! Alors nous exécuterons notre plan et les Ombres domineront, pour la fierté de notre Créatrice.

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Article - Résumé

À l’âge de seize ans, tous les jeunes hommes des Terres de Grandu doivent accomplir leur année de service militaire. Vindex, qui n’a jamais quitté les contrées enneigées du Nord, va devoir s’acquitter de cette obligation en compagnie de deux compagnons de son village natal. Ils effectueront leur service à la frontière du Grand-Duché d’Urmano, en paix avec les Terres de Grandu depuis vingt ans. Mais d’étranges ombres venues du sud planent sur le continent et les hordes sauvages des Terres Perdues menacent à nouveau son équilibre. Pris dans un engrenage dont ils ignorent tout, les trois jeunes sortiront-ils indemnes de ce difficile passage à l’âge adulte? Rien n’est moins sûr, d’autant que le Ciel lui-même viendra se mêler de leurs affaires …

Article - Mon avis

Je remercie chaleureusement Nicolas Gomez pour ce partenariat.

Dans ce premier tome, « Lune de sang », nous allons faire la connaissance de Vindex, un jeune homme de tout juste 16 ans et qui va donc devoir partir faire son année de service à la frontière des Terres de Grandu. C’est accompagné de Enrik et Einar qu’il va faire le voyage. Un voyage qui ne sera bien évidemment pas de tout repos car, discrètement, la guerre est sur le point d’éclater et les ennuies ne font que commencer.

C’est donc aux côtés de ces trois jeunes gens de caractères bien différents que nous allons parcourir ses Terres et les différents peuples qui l’habitent. Comme les nains des Montagnes Nuageuses ou encore les Wats, créatures sanguinaires et vicieuses des Terres Perdues. Et je dois bien avouer que, sur le début, retenir les noms des personnages ainsi que les nombreuses villes et villages, parfois difficilement prononçable, n’a pas été une épreuve des plus simples. Le point positif est qu’une carte nous est donnée en début de récit, afin de nous situer plus facilement. Mais malheureusement, elle devient un point négatif lorsque nous lisons le récit sur liseuse et qu’il nous est peu pratique d’aller la consulter …

Concernant notre héros principal, Vindex, c’est un fils de forgeron plutôt bien bâti, à qui son père a appris le maniement des armes depuis son plus jeune âge. Mais, foncièrement gentil, ce n’est pas quelqu’un de violent et la perspective du combat lui fait un peu peur. Malgré cela, il se montrera plein de courage et prêt à défendre les siens, coute que coute. C’est un jeune garçon très attachant, avec des problèmes de son âge, mais qui va également se montrer très mature. D’autant plus qu’il va découvrir qu’il est voué à un avenir prometteur.

Einar, quant à lui, est un bon combattant avec un petit côté sadique. Tuer ne lui fait pas peur ! Contrairement à Enrik qui est plus timide et réservé, parfois même un peu transparent à côté de ses compagnons …

Inclinez-vous devant votre Créatrice. L’ère des faux dieux est terminée ! Bientôt les Ombres éclaireront le monde et les hommes s’agenouilleront !

Lors de ce récit, écrit à la troisième personne du singulier, nous allons également avoir certains chapitres du point de vue des « méchants ». J’ai été nettement moins intéressée par ceux-ci, les trouvant parfois un peu longs, bien que je ne doute pas de leur utilité pour la suite.

Nicolas Gomez nous offre un récit intéressant, très fluide et qui se lit rapidement. Malheureusement, il m’a manqué un petit quelque chose, un « JeNeSaisQuoi » qui m’aurait donné cette sensation d’être pleinement investie dans l’histoire. J’aime être embarquée, alors que là, j’ai simplement eu l’impression d’être spectatrice … C’est dommage mais ça n’enlève rien à la qualité du récit et de son intrigue !

Une dernière chose : j’ai apprécié les 3 (ou 4 ? Je ne sais plus exactement)  petites phrases tirées d’une célèbre chanson aux sonorités bretonnes des années 1998 (merci Google) relatant les exploits d’un guerrier celte. Si si, je suis sur que vous avez compris la référence ^-^ C’est le genre de petit clin d’œil qui fait sourire le lecteur, et j’aime ça !

En bref : « Lune de sang » est le premier tome d’une trilogie (à confirmer) prometteuse mais qui, malheureusement, n’aura pas réussi à m’emporter dans son monde. Les personnages sont attachants et l’intrigue bien menée mais il m’a manqué ce petit truc en plus qui fait qu’un récit nous touche plus qu’un autre … Cependant, je suis certaines qu’il plaira à un grand nombre grâce à ses nombreux rebondissements et à son univers intéressant !

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« À l’ombre des cerisiers » de Dörte Hansen

A l'ombre des cerisiers

Il ne fallait pas qu’il lui échappe, ce paysage où elle n’avait pas de racines, mais où elle s’était fixée.

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Article - Résumé

C’est au printemps 1945 que la petite Vera voit pour la première fois la vieille ferme perdue au cœur d’un immense verger. Sa mère et elle viennent de traverser à pied une Allemagne en ruines. Soixante-dix ans plus tard, Vera, qui occupe toujours la maison, voit débarquer à son tour sa nièce, Anne, en pleine rupture amoureuse, et son jeune fils Leon. Les deux femmes, fortes têtes et solitaires, vont affronter ensemble une histoire familiale traversée de secrets et de non-dits. Sauront-elles redonner vie à ces murs hantés par les chimères du passé ? Pour cela, il faudra d’abord apprivoiser les habitants du village qui ne manquent ni de caractère ni d’originalité …

Article - Mon avis

Je remercie chaleureusement les Éditions Kero pour ce partenariat.

« À l’ombre des cerisiers » est un roman contemporain ou l’intrigue n’en est pas réellement une, étant donné qu’il s’agit plutôt de suivre le quotidien de différents personnages. Malheureusement, j’ai toujours plus de mal à être totalement emportée dans ce genre d’histoire, comme s’il me manquait un intérêt quelconque, un objectif à atteindre. Mais malgré cela, les personnages ont réussi à me tenir jusqu’au bout, ce qui est un très bon point !

Contre l’amour, c’est clair, on ne pouvait rien. Ça vous tombait dessus. Point.

Nous allons donc découvrir Vera, personnage central de ce récit, qui à quitter la Prusse-Orientale avec sa mère à la fin de la Seconde Guerre mondiale alors qu’elle n’avait que 5 ans, afin de s’installer en Allemagne du Nord, dans le « Vieux Pays », trouvant refuge chez une fermière du nom d’Ida Eckhoff. Après la mort de celle-ci, quelques années plus tard,  Vera refuse de quitter cette maison qui lui a ouvert ces bras, ou même d’y changer quoi que ce soit. Elle se sent chez elle, dans ces pièces froides et inconfortables qui lui ressemblent un peu.

Mais lorsque Anne et Léon, sa nièce et son fils, vont venir également trouver refuge dans cette même maison suite à sa séparation, les deux femmes vont devoir apprendre à communiquer. Que ce soit par de longs silences ou de discrètes attentions, elles vont  trouver ce qui leur manquait à toutes les deux : une famille !

Vera, qui a mis sa vie personnelle de coté pendant tant d’années, n’a ni mari ni enfants. Léon va apporter un peu de bonheur et de vie à cette sinistre maison, mais également dans le cœur de Vera.
Ces deux femmes, qui donnent l’impression de se suffire dans leur simple vie, vont s’apprivoiser et découvrir qu’en réalité, elles se sentaient bien seules …

Beaucoup d’autres personnages vont également interagir. Tels que Karl, le fils d’Ida ; Hildegard, la mère de Véra ; ou encore Heinrick, voisin et ami de Vera. Et ces au travers de tous ces personnages que l’auteur aborde la vie à la campagne et ces a priori, les différentes relations sociales et familiales, la solitude, la trahison, le deuil, …

Saisir un couteau, le planter dans son sourire, jusqu’à ce qu’il sombre enfin, lui aussi, dans son sang.

Dörte Hansen nous propose un récit plein de charme et de simplicité grâce à une plume douce et agréable à lire ! Elle nous transmet énormément d’émotions, non pas grâce à de nombreux dialogues, mais bien au travers de personnages très différents les uns des autres. Les descriptions sont donc nombreuses mais restent parfaitement équilibrées. J’ai eu un peu de mal à me familiariser avec les noms allemands, ce qui a rendu ma lecture légèrement chaotique par moments. Mais dans l’ensemble, je n’ai pas de réel « reproche » à faire à cette lecture. Mais pas non plus de grands compliments …

En bref : « À l’ombre des cerisiers » est un roman intéressant retraçant le quotidien de différents personnages aux caractères bien différents. Dörte Hansen arrive à nous transmettre énormément d’émotions sans user de dialogues interminables, bien au contraire. Malheureusement, les tranches de vie n’arrivent que rarement à m’émouvoir et à retenir mon attention. J’ai donc passé un bon moment avec cette lecture, mais on est très loin du coup de cœur …

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« La Destinée de Mathias » de Michèle Fanelli

Article - Présentation

– Que la force et la puissance nous protègent ! disent-ils ensemble. A nous l’aventure !

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Article - Résumé

Nous sommes au mois d’août 2013 dans le Périgord noir, un bois puis une clairière, une brume matinale s’estompe laissant apparaître sur les hauteurs d’une colline un château austère de l’époque médiévale. Ses remparts renferment un orphelinat : Le foyer de l’Espérance.

Une fête costumée se prépare pour l’anniversaire d’un orphelin nommé Mathias. Ses meilleurs amis, Alicia et Martin, enfants des gardiens de Monsieur et Madame Grame, vont partager cette merveilleuse journée avec lui… et découvrir ensemble un passage secret qui les mènera au cœur de merveilleuses aventures.

Un texte féerique agrémenté de dessins réalisés au fusain sortis tout droit de l’imagination de l’auteur…

Article - Mon avis

Je remercie chaleureusement les Éditions Baudelaire pour ce partenariat.

Malheureusement, mon avis va sembler quelque peu expéditif étant donné que je n’ai pas été jusqu’au bout de ma lecture. Je me suis arrêté à la 148è page (un tout petit peu plus que la moitié), c’est extrêmement rare mais je n’avais clairement pas envie de me forcer plus longtemps alors que je n’accrochais pas du tout

C’est dommage parce qu’à la lecture du résumé, l’histoire ne semblait pas trop mal ! Mais je m’attendais à quelque chose de plus … adulte ! Je pensais que le fait d’avoir des personnages principaux très jeune (une dizaine d’années seulement) en était la cause mais, même six années plus tard, ils restent très naïfs et le texte manque clairement de maturité et de difficultés !

Le style de l’auteur est, pour le coup, très simple et quelque peu enfantin. Le côté féérique est bien amené mais malheureusement, il en ressort une forte connotation de « conte pour enfants » auquel je n’ai pas accroché du tout … D’autant plus que les répétitions sont assez nombreuses et que certaines parties manquent de clarté, notamment lors des passages (assez long) expliquant toute une stratégie d’attaque.

Et, bien sûr, ne voyant que le mauvais côté de la chose, j’ai également trouvé les chapitres très inégaux. Certains sont très court alors que d’autres sont extrêmement trop longs ! Et leurs titres, trop explicites, ne laissant aucune place au suspens : « Le départ de Mathias du peuple des Haris »,  « L’évasion de Mya et Amyssa », « L’attaque d’Arius et de Bracius », …

En bref : une lecture éprouvante  (oui, le mot est un petit peu fort) dans laquelle je ne me voyais pas avancer. J’aime la fantaisie mais ce récit est clairement trop typé « jeunesse » ! J’ai tout simplement eu l’impression de ne pas être dans la cible, du haut de mes 28 ans … Je suis vraiment navrée pour l’auteur ainsi que la maison d’édition car il est rare que je ne finisse pas une de mes lectures, particulièrement un SP mais, malheureusement, je m’ennuyais trop …

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« L’ours » de Claire Cameron

Article - Présentation

J’entends maman crier mais je garde les yeux fermés. Les rêves, c’est pas pour du vrai et je le sais puisque ma maman elle crie jamais. Elle a une voix douce qui ressemble à une fleur blanche et qui a le goût des cookies de Noël avant qu’on mette les paillettes sucrées dessus.

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Article - Résumé

Anna, 5 ans, et son petit frère Stick campent avec leurs parents dans un parc naturel sauvage lorsqu’ils sont surpris en pleine nuit par ce que la petite fille confond avec un gros chien. Le lendemain, Anna découvre qu’elle et Stick sont désormais seuls, et que c’est à elle, la « grande », qu’il incombe de protéger son frère. Débute alors pour les deux enfants isolés une dangereuse errance…

Les mots d’une petite fille essayant de donner un sens à un monde soudainement devenu hostile confèrent à ce roman une puissance toute particulière. Entre Into the Wild et Room, un vrai tour de force.

Article - Mon avis

Je remercie chaleureusement les Éditions Kero pour ce partenariat.

Comme nous l’indique parfaitement le résumé, nous découvrons Anna et sa famille alors qu’ils campent dans un parc naturel sauvage. En pleine nuit, alors qu’elle dort avec son petit frère de 2 ans, Stick, dans la tente, elle est réveillée par des cris affolés. Ne pouvant pas croire que ses parents, si calme et doux, puissent hurler de la sorte, elle se persuade qu’il s’agit là d’un cauchemar. Le lendemain, c’est l’incompréhension ! Elle se retrouve seule avec son petit frère, dans cette nature hostile, à tenter d’échapper à ce grand chien noir qui s’approche dangereusement …

Je ne sais clairement pas à quoi je m’attendais car, en y réfléchissant c’est logique, mais je ne m’imaginais pas que la narratrice de ce récit serait justement Anna, cette grande sœur de 5 ans qui va devoir protéger son frère. Et si, sur le début, ce décalage entre le lecteur et les pensées futiles de cette petite fille dans une telle situation est intéressant, il a malheureusement finit par m’agacer …

Comme je le disais, j’ai beaucoup aimé toute la première partie qui nous explique l’attaque de l’ours et nous décrit comment les enfants ont réussi à s’en sortir. C’est à la fois prenant et poignant. Et cette narration enfantine permet tout d’abord de ne pas tomber dans l’horreur ; mais également d’avoir un point de vue différent de par l’innocence due à leur âge. Anna ne se rendant pas compte de la gravité de la situation, ces questionnements ne sont que matérialistes et surtout, purement égoïstes.

Et c’est là que le bât blesse ! À partir du moment où Anna et Stick se retrouvent livrés à eux-mêmes au beau milieu de ce parc naturel, cette narration m’a agacé et irrité au plus haut point. Ces mots d’enfants qui étaient au départ touchant, deviennent interminables et extrêmement lassants ! D’autant plus que l’avalanche de pensées qu’un enfant peut engendrer en un laps de temps limité donne lieu à de looongues phrases donc le sens premier se perd au fil des mots …

Maintenant que j’ai plus d’habits mouillés sur moi, ma peau est bien chaude et je lève les bras au ciel. On doit attendre nos parents ici, c’est pas un problème puisque le soleil me sourit et me chauffe. Je laisse mes doigts de pied gigoter parce que les cookies ont versé du sucre en poudre dessus, et puis je sautille sur un pied et je sens de la terre craquante dessous mais je vois un peu de sable plus près de l’eau et j’y vais, c’est beaucoup plus agréable et doux de marcher là, mes pieds bougent tous seuls et mes mains font bonjour et je ris parce que c’est amusant, et alors Stick vient me rejoindre. Il saute sur place et il secoue les mains comme moi, c’est la seule façon de danser qu’il connaisse.

Cette phrase est un très bon exemple du décalage imposé entre la narratrice et nous, lecteur ! Il est évident qu’à son âge, elle ne conçoit pas la situation comme une adulte le ferait et c’est ce qui rend l’intrigue très réaliste. L’auteur a parfaitement réussi à nous retranscrire les futilités enfantines, de ce côté-là, je lui tire mon chapeau. L’exercice ne devait pas être simple mais il est réussi. Cependant, ça n’a fait que me fatiguer, et j’ai rapidement décroché …

C’est dommage car, pour ma part, cette narration est le gros point négatif de ce récit. Et pourtant, je suis sur qu’il peut être un magnifique coup de cœur pour d’autres, qui apprécieront ces phrases d’enfant à leur juste valeur.

[…] et ses yeux pleurent mais pas parce qu’il est triste, comme des larmes qui en sont pas et qui viennent d’un autre endroit que quand on est triste, on dirait qu’elles montent de la gorge et coulent par les yeux alors que les larmes tristes viennent du cœur. C’est des larmes de rire qui roulent sur ses jours […]

En bref : un récit qui, tiré d’une histoire vraie, nous donne froid dans le dos ! L’auteur a réussi à nous plonger aux côtés d’Anna très rapidement grâce à une intrigue qui démarrait très bien. Malheureusement, je n’aurais pas du tout accroché au choix de narration qui a rendu ma lecture assez laborieuse. Malgré ça, l’épilogue aura réussi à m’émouvoir et même à m’arracher une petite larmichette.

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« Esclave de sang » de Tasha Lann

Article - Présentation

Dès qu’on retire la gent masculine, la vie devient un long fleuve tranquille.

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Article - Résumé

Mon nom est Evy Dumas et je suis une jeune étudiante tout ce qu’il y a de plus banale. Du moins je l’étais jusqu’à ce que j’aie le malheur d’accepter de suivre mes amis à la fête universitaire d’octobre. Ils se sont bien amusés. Pour moi… disons que la soirée a été intéressante.

Me voilà maintenant ballottée entre la France et l’Écosse, entre la fac et une cité hors du temps dirigée par cinq types carrément flippants. Des vampires… Comme ce gars – sublime – qui se croit en droit de diriger ma vie simplement parce que je l’ai vu planter ses crocs dans le cou d’une fille.

Cela vous paraît difficile à croire ?
Et pourtant…

Article - Mon avis

Je remercie chaleureusement les Éditions Calepin pour ce partenariat.

Comme je vous le disais lors de la présentation de cette lecture, il est grand temps que je vous partage mon avis étant donné que ce livre est sorti il y a quelques mois déjà. Mais je n’avais lu qu’un premier jet du récit, qui a été retravaillé pour sa publication. Et c’est la « re-lecture » qui m’a demandé plus de temps ^^ (Soit, on s’en fout un peu non ?)

Si vous me suivez depuis quelque temps maintenant, vous n’êtes pas sans savoir que les précédentes publications de Tasha Lann, « A.B.I.E. » et « Éclat Nocturne » ont été de véritables coups de cœur ; tant pour l’intrigue que pour le style d’écriture. Malheureusement, ce ne sera pas le cas pour cette fois …

Cela s’explique-t-il par le fait que ce soit de la bit-lit, un genre bien trop souvent lu et où j’ai peine à trouver une certaine originalité ? Peut-être … Toujours est-il que je n’ai pas détesté pour autant, j’ai même plutôt bien accroché ! L’univers créé autour du mythe fonctionne sans difficulté, l’histoire vampirique reste assez classique mais la touche apportée par Tasha Lann est intéressante, particulièrement lorsqu’il s’agit du concept d’Esclave de sang !

Je crois avoir fait des conneries cette nuit, mais j’étais trop ivre pour m’en souvenir.
– Aucun souvenir, aucun regret ! affirme Anya en connaissance de cause.
– Vu comme ça …

Evy Dumas, notre héroïne malchanceuse, est une jeune fille de 19 ans des plus ordinaires. Impliquée dans ces études et dans son boulot à la fac, elle ne se permet aucune incartade. C’est la bonne copine par excellence, celle qui ne boit pas et s’assure que tout se passe bien pour tout le monde. Malheureusement pour elle, le seul soir où elle se décide enfin à profiter, elle n’aurait peut-être pas dû … C’est le soir qui va changer sa vie !

Ce que j’ai apprécié chez cette jeune fille, c’est son énergie et sa combativité ! Son entêtement à continuer à se battre, même si les espoirs de réussite s’amenuisent rapidement. Elle ne peut rien faire pour contrer ce statut d’Esclave de sang qui ne lui laisse aucun moment de repos, mais elle est bien décidée à ne pas baisser les bras et à s’en sortir vivante !

Et puis, bien évidemment, il y a Jehan Sullivan ! Le beau et séduisant vampire au magnétisme irréel … On ne sait pas vraiment sur quel pied danser avec lui ! Une fois on se dit qu’il est le pire des goujats et, quelques pages plus tard, qu’il n’est finalement pas si mauvais que ça …

Mais n’allez pas croire à la romance niaiseuse, on en est loin ! Certes, il y a une attraction entre les deux qui ne peut être niée. Mais Evy ne se laisse pas faire et lutte contre cette faiblesse que lui impose Jehan ! Ce qui donne lieu à des situations légèrement cocasses et qui apporte, par la même occasion, une touche de légèreté à cette histoire sous tension.

Si mon corps est prisonnier, mon esprit, lui, est encore libre et j’ai bien l’intention de le lui faire sentir.

Ce que j’ai apprécié dans ma lecture, c’est que tout est réuni pour tenir le lecteur en haleine : la tension, les rebondissements, l’action, le suspense, … Parfois même un peu trop ! Tasha Lann ne laisse que peu de moment de répit à son héroïne. Ce qui « décrédibilise » (si je puis dire, parce qu’on parle quand même de vampire … Mais vous m’avez compris ^-^) légèrement certains évènements …

Que dire de plus si ce n’est que c’est toujours un plaisir de retrouver la plus de Tasha Lann !! J’ai encore une fois été emportée très facilement dans son histoire et j’ai beaucoup aimé suivre l’évolution de son personnage dans cet univers ; certes, plutôt commun, mais qui va faire de la vie d’Evy un véritable enfer !

En bref : un peu déçue parce que j’aurais aimé être aussi enthousiaste avec « Esclave de sang » que je l’ai été avec les précédentes publications de Tasha Lann. Malheureusement, je pense que le sujet ne s’y prêtait pas … Cependant, je souligne la touche apportée au mythe du vampire classique, qui est parfaitement développée et très intéressante ! Tout comme le caractère de l’héroïne, survolté et déterminé. J’ai hâte de découvrir la suite et savoir si Evy va se sortir de ce pétrin.

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« Ta façon d’être au monde » de Camille Anseaume

Article - Présentation

Je donnerais tout pour te sortir de ce cauchemar. Je voudrais te le jurer sur ce que j’ai de plus cher, mais ce que j’ai de plus cher, c’est toi.

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Article - Résumé

Elles sont amies d’enfance. L’une est inquiète, rêveuse, introvertie ; l’autre est souriante, joyeuse, lumineuse. Ensemble, elles grandissent, découvrent la vie, l’amour. Jusqu’à ce qu’un drame bouleverse le monde qu’elles se sont bâti… Un roman poignant sur l’amitié, le deuil, et sur ce point de bascule irréversible qui sonne la fin de l’insouciance.

Article - Mon avis

Je remercie chaleureusement les Éditions Kero pour ce partenariat.

Dès les premières lignes, j’ai été surprise et extrêmement perturbée par le style de narration qu’a choisi Camille Anseaume. Les deux amies ; et personnages principaux ; étant désignées par « Elle » et « Tu », la moindre seconde d’inattention pouvais me faire perdre le fil de ma lecture. On ne comprend pas toujours qui s’exprime et, pour être tout à fait honnête, j’ai bien failli abandonner assez rapidement tellement je trouvais que cela nuisait au plaisir de la lecture. Car, même si ce procédé est original, il tient le lecteur à bonne distance de ces personnages et n’instaure pas cette promiscuité qui me permet, personnellement, de me sentir investie dans leur histoire. Le lecteur restant simple spectateur …

Elle feuillette l’album, et se voit grandir de page en page. Dormir, baver, ramper, marcher, jouer, vieillir, poser. Mais entre deux clichés, presque rien. Elle était ou, pendant tout ce temps ?

Toute cette première partie ; qui dure quand même une bonne moitié du roman ; nous permet de découvrir ces deux amies d’enfance que tout oppose et qui, pourtant, ne se quitteront pas. De l’école au collège, en passant par les vacances à la mer et les premiers petits copains, leur amitié sera de plus en plus fusionnelle et les mènera jusqu’à la vie adulte, au cœur de Paris ! C’est là qu’elles vont vivre leurs premières soirées entre amis, découvrir la fac, décrocher leur premier travail. Mais également vivre des épreuves plus difficiles, tel que le deuil …

C’est à ce moment que la narration change ! La jeune fille angoissée qu’est « Elle » prend la parole en « Je ». Clairement, je n’ai pas compris l’intérêt de ce changement en plein milieu de la lecture. Mais je ne vais pas me plaindre car elle est beaucoup plus personnelle et touchante que la narration choisie pour la première partie, ce qui rend la lecture plus agréable et fluide !

Cette seconde partie est beaucoup plus sombre mais criante de vérité ! Fini l’insouciance, elles vont devoir faire face à la mort, au deuil qui en découle et a la façon que chacun à de se reconstruire, de continuer à vivre.

Même si j’ai été touchée par la façon dont l’auteur aborde le sujet, tout en pudeur et sobriété, j’avoue ne pas m’être totalement sentie investie dans le récit. J’ai eu l’impression que les différents personnages, qu’ils soient principaux ou secondaires, étaient survolés ! Peu de détails nous sont dévoilés et cette sensation de « manque d’information » m’a dérangée … Il est difficile de se sentir concernée ou de ressentir leur tristesse alors qu’ils ne restent pour nous, lecteur, que des étrangers.

Troublée par la fumée qu’on souffle, la scène paraît irréelle, plus douce. Fumer tue, mais quand même moins que la mort.

Concernant la fin, je suis restée assez choquée de ne pas avoir compris plus tôt ! J’avais presque cette envie de reprendre le récit depuis le début afin de voir si ma perception des choses en serait changée. Et puis, j’ai repensé à la narration … Non merci ^-^

C’est quand même dommage cette histoire de narration ! Car, pour le reste, Camille Anseaume a réellement une écriture formidable ! À la fois poétique et assez mystérieuse, elle se lit sans encombre et est extrêmement agréable. Les métaphores et les jeux de mots se côtoient pour former des phrases justes et percutantes, c’est ce qui m’a donné envie d’aller jusqu’au bout ! Et je suis sûr que ce roman aurait pu être un coup de cœur …

En bref : « Ta façon d’être au monde » est un joli récit d’amitié, de deuil et de reconstruction. Camille Anseaume nous emporte en quelques mots formant de jolies phrases percutantes et touchantes. Dommage d’avoir choisi ce procédé de narration qui rend la lecture chaotique et ne permet pas de se sentir totalement emportée aux côtés des personnages.

Je voudrais finir sur cette citation que j’ai particulièrement aimée, l’insouciance de l’enfance à l’état pur :

Figure-toi que vous veniez toutes les deux d’avoir une petite sœur qui s’appelait pareil, enfin  « pareil » c’était pas son prénom, disons qu’elles avaient le même, de prénom, et aussi d’âge. Tu lui as dit que la tienne était trisomique, elle a répondu que la sienne était capricorne.

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Kero

« LiLi Mirage et la Fabrique Arc-en-ciel » de Karen Le Luron

Article - Présentation

Bienvenue à la Fabrique Arc-en-Ciel. Vous êtes au rez-de-chaussée. Veuillez prendre l’ascenseur et sélectionner un étage s’il vous plait.

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Article - Résumé

En cette douce nuit d’hiver, une aventure extraordinaire attend Lili Mirage.

Aux côtés de la fée Frimousse, Lili plonge dans un monde magique regorgeant de merveilles : la Fabrique Arc-en-ciel. La petite fille y fait de bien belles rencontres et découvre de nouveaux secrets à chaque étage…

Qui fabrique les nuages et la neige ? D’où vient le vent ? Autant de mystères à découvrir au fil de cet incroyable voyage.

Article - Mon avis

Je remercie chaleureusement les Éditions Calepin pour ce partenariat.

Du haut de mes 28 ans, sans enfant, et avec un seul petit garçon de 3 ans dans la famille : il est clair que je ne fais pas partie de la cible visée par cette lecture jeunesse ^-^ Mais, ayant travaillé sur la couverture avec l’illustrateur, j’avais malgré tout envie de découvrir ce qui se cachait derrière.

Globalement, l’histoire est vraiment toute mignonne ! On découvre Lili, une petite fille qui aime se plonger dans des univers imaginaires, alors qu’elle va visiter la Fabrique Arc-En-Ciel en compagnie de la fée Frimousse comme guide. Elles vont parcourir les différents étages tels que le Département des températures, le Bureau des nuages, la Division des Vents, ou encore le Ministère des précipitations.

N’as-tu jamais remarqué que les nuages gris étaient porteurs de pluie et les nuages noirs associés aux orages ? Bien entendu, nous proposons aussi des couleurs plus gaies. Les nuages qui accompagnent les couchers de soleil sont teintés de rouge, d’orange, de j’aune ou d’or. Des nuages roses sont aussi fabriqués en éditions limitées pour la Saint-Valentin.

L’auteur à de très bonnes idées et la Fabrique Arc-en-Ciel est réellement un endroit magique où Fées et Lutins travaillent consciencieusement. De plus, le style d’écriture est simple, sympathique et sans difficulté pour les plus petits. Malgré tout, j’ai trouvé dommage que cette lecture se limite à la présentation de ce monde magique … D’autant plus que Lili nous apparaît comme une petite fille curieuse et touche-à-tout, j’aurais donc aimé qu’elle y fasse une ou deux bêtises, histoire d’ajouter quelques obstacles ou une petite morale à l’histoire.

Concernant les illustrations, elles sont superbes ! Même si certaines pourraient, je pense, ne pas toujours être totalement comprise par le regard des plus jeunes. Kaltame a fait un travail formidable et toute la magie ressort parfaitement bien.

Maquette_Lili Mirage_VF   Maquette_Lili Mirage_2VF

En bref : une jolie petite histoire bien sympathique, pleine de magie et magnifiquement illustrée ; qui plaira aussi bien aux petits qu’aux grands. Dommage que Karen Le Luron n’y ajoute pas quelques bêtises et se limite à la présentation d’un monde qui, malgré tout, reste très intéressant.

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« Et je renaitrai de mes cendres » de Laurence Finet

Et je renaitrai de mes cendres

Petit enfant intérieur, je te le promets, tel le phénix je renaîtrai de mes cendres.

Coup de coeur

Article - Résumé

Il est des livres qui s’insinuent en nous. Des histoires qui commencent avec la légèreté du vol d’une abeille qui entre en bourdonnant par la fenêtre. L’histoire de Laurence Finet — son histoire ?— en fait partie. Un mari aimant, quatre beaux enfants, un travail sans doute trop prenant mais peu importe, demain c’est les vacances…

Et puis l’abeille pique. Et la douleur provoquée par la piqûre rappelle une autre blessure, plus ancienne. Nous voici alors inexorablement emportés. Derrière la légèreté du ton, des mots jetés, une accumulation de maux que l’on aurait crue inexprimable. Avec une grande pudeur et une bonne dose d’humour, Laurence Finet raconte les épreuves traversées, sans rien nous épargner. Et c’est grâce à une infinie délicatesse qu’elle parvient à nous faire ressentir toute la violence et l’horreur de ce qu’elle a dû endurer : « J’ai parlé. J’ai vomi des bribes de mon passé avec une telle violence que je me demande comment j’arrive encore à respirer. » Un témoignage soutenu par la force implacable du réel mais qui se lit comme un roman. Une fois refermé, plus d’autre choix que de respirer l’air et la vie à pleins poumons.

Article - Mon avis

Je remercie chaleureusement Babélio et les Éditions de l’Atelier pour ce partenariat.

Habituellement, ce n’est pas vers les témoignages que je me tourne en premier. Mais, lorsque j’ai reçu le mail de Babélio pour cette masse critique, le mystère du résumé m’a interpelé et j’ai tenté ma chance. Grand bien m’en a fait étant donné que j’ai été sélectionnée et que je ressors de cette lecture totalement chamboulée !

Comme je le disais, c’est tout d’abord le résumé qui m’a intrigué ! On nous parle de douleurs, de maux, de passé qui ressurgit, … sans jamais rien nommer. De quoi souffre Laurence ? Ou de quoi a-t-elle souffert ? Quelles sont ces douleurs, ces souffrances ? Si vous êtes comme moi et que vous ne vous êtes pas renseignée sur le livre ou l’auteure avant, c’est la lecture qui répondra à ces questions. Et c’est aussi ce qui fera que les quelques lignes du tout dernier chapitre vous feront l’effet d’un uppercut … Mais c’est une autre histoire dont je ne parlerais pas ici, je vous laisse découvrir cela par vous-même.

Je regarde ses lèvres qui murmurent, ses yeux qui me fixent. Je suis devenue subitement sourde mais j’entends. Je suis aveugle mais je vois ses mains qui se tendent vers moi, apaisantes. Je suis muette mais le tremblement incontrôlable de mes lèvres parle pour moi.

Laurence Finet est une femme qui, en apparence, à tout pour être heureuse ! Quatre beaux enfants, un mari aimant, une carrière en constante évolution, … Mais, le jour ou sa carapace commence à fissurer, c’est toute sa vie qui est remise en question. Après tant d’années de honte et de culpabilité, Laurence ne peut plus porter ce lourd secret toute seule. Elle ne peut retenir les mots plus longtemps, il faut qu’elle parle, qu’elle crache son passé avant qu’elle ne s’étouffe ! Mais, comme si cela ne suffisait pas, cette douleur en amène une autre, tout aussi difficile à combattre : la maladie …

Nous allons suivre le quotidien de cette maman courageuse ; plonger dans ces souvenirs, ces réflexions, ces sentiments, … Nous allons découvrir une femme intéressante qui, malgré tout, garde le gout de la vie et de ces petits bonheurs du quotidien. Une combattante, une guerrière ! Une femme qui, grâce à des mots soigneusement choisis, arrive à nous raconter ces atrocités sans tomber dans le sordide, avec même quelques touches d’humour !

Nous allons également faire la connaissance de ces quatre beaux enfants : Mathilde, Élodie, Alexis et Juliette. Des enfants qui ont dû s’adapter, trouver leur place, comprendre ; qui ont souffert aussi, et peut-être même grandir un peu trop vite pour leur âge … Et puis, il y a Frédéric, son mari ! Un homme patient, attentif, compréhensif, réconfortant, présent, dévoué … Un homme amoureux, poussé par l’espoir, par son envie d’y croire !

Toute cette jolie famille a fait partie intégrante de mes quelques soirées de lectures. J’avais cette impression de les connaître, de vivre à leurs côtés, de rire avec eux, de souffrir avec eux ! La vie s’acharne sur Laurence mais elle peut compter sur sa famille qui l’accompagne et reste unie.

J’ai ouvert la porte de l’enfer et contemple le long parcours que j’ai vécu et accepté de vivre pendant si longtemps.

Outre le fait que la famille Finet soit très attachante, le point fort de ce récit reste la plume talentueuse de Laurence. De métaphores en jeu de mots, chaque tournure de phrases est soigneusement réfléchie pour atteindre le lecteur sans le brusquer. C’est juste, c’est poétique, addictif même, et extrêmement agréable à suivre. Les pages se tournent, les chapitres s’enchainent, sans encombre et sans lassitude.

En bref : ce livre est, paradoxalement, un véritable bonheur ! Il nous apprend à relativiser, à aller de l’avant, à ne pas penser qu’à soi. Certes, il est rempli de douleur et de souffrance, mais il est également plein de vie et d’amour ! Laurence Finet nous offre la chance de lire un récit autobiographique que l’on pourrait presque prendre pour de la fiction tellement son écriture à ce petit côté romancé et très agréable. Tristement, la chute est un peu douloureuse pour un lecteur non averti … Mais, merci Laurence !

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Masse Critique Babélio  Les Editions de L'atelier

Cette chronique est un peu courte mais je pense sincèrement que, pour profiter pleinement de ce récit et de ses différents ressentis, il est préférable de le découvrir dans son intégralité.
Pas de spoiler, juste Laurence et vous ! Bonne lecture.

« Avant toi » de Jojo Moyes

Avant toi

Je n’avais encore jamais compris que la musique avait cette faculté de faire sauter des verrous chez ceux qui l’écoutaient, de les transporter dans des lieux auxquels le compositeur lui-même n’avait pas songé. La musique laisse comme une vibration dans l’air, une rémanence que l’on emporte avec soi.

Coup de coeur

Article - Résumé

Quand Lou apprend que le bar où elle est serveuse depuis des années, met la clé sous la porte, c’est la panique. En pleine crise, dans ce trou paumé de l’Angleterre, elle se démène pour dégoter un job qui lui permettra d’apporter à sa famille le soutien financier nécessaire. On lui propose un contrat de six mois pour tenir compagnie à un handicapé. C’est alors que la jeune femme découvre Will, un jeune tétraplégique qui rêve de mettre fin à ses jours. Lou n’a que quelques mois pour le faire changer d’avis.

Article - Mon avis

Ce qu’il y a de bon quand on se lance dans une « année sans achat », c’est qu’on prend enfin le temps de découvrir les livres qui se trouvent dans nos PAL depuis bien trop longtemps. Et quel livre !! J’avais déjà eu un coup de cœur pour la plume de Jojo Moyes avec « Jamais deux sans toi« , et « Avant toi » n’a fait que le confirmer !

– Vous savez, on n’est d’aucune utilité à quelqu’un qui ne veut pas être aidé.

Cette chronique ne sera que bonheur et gentillesse car j’ai littéralement adoré ma lecture, du début à la fin ! Même si l’histoire semble assez « simple » sur le début, elle se révèle rapidement dramatique et pleine d’émotion contradictoire. Jojo Moyes a cette facilité de nous faire passer du rire aux larmes en quelques phrases que s’en est quelque peu déroutant !

Nous allons donc suivre Louisa Clark, une jeune femme de 26 ans qui vient tout juste de perdre son travail de serveuse au « Petit pain beurré ». À la recherche d’un nouvel emploi, elle n’a pas d’autre choix que d’accepter un contrat de 6 mois en tant qu’assistante à domicile pour un tétraplégique : Will. N’ayant aucune expérience dans ce domaine, sa famille n’a que peu d’espoir quant à ses capacités. Mais Lou est une femme déterminée et pleine de ressources qu’elle-même ne soupçonnait pas.

Elle va donc assister Will Traynor, tétraplégique depuis un tragique accident de la route survenu 2 ans plus tôt. Les premiers jours sont difficiles ! Will est plutôt désagréable et sarcastique quant à sa nouvelle condition qu’il n’accepte toujours pas, lui qui était si actif avant … Mais Lou ne baisse pas les bras, elle est prête à tout pour réussir sa mission : redonner à Will l’envie de vivre ! Son acharnement va porter ces fruits car Will devient, petit à petit, plus agréable. Cette évolution dans leur relation est très agréable à suivre car on se rend rapidement compte qu’elle est bénéfique pour l’un, comme pour l’autre.

Je l’ai embrassé et j’ai laissé mes lèvres sur les siennes, pour que nos souffles soient mêlés et que les larmes de mes yeux deviennent du sel sur sa peur. Et, pendant tout ce temps, je me disais que de petites particules de lui deviendraient de petites particules de moi, ingérées, avalées, vivantes et éternelles. Je voulais presser contre lui jusqu’à la plus infime partie de moi.

Outre le fait d’avoir des personnages extrêmement attachants, c’est le sujet principal du récit ainsi que la façon de l’aborder qui en font son succès ! Et, contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce n’est pas celui du handicap mais bien celui de l’euthanasie.

Certes, Lou va être confronté à quelqu’un qui n’a plus l’usage de son corps et qui ne peut donc plus rien faire sans assistance. Mais elle va surtout devoir faire face à un homme qui a perdu tout espoir de retrouver sa vie d’avant et donc le seul souhait est de mourir ! Et, même si ce sujet reste très souvent en arrière-plan pour laisser place aux agréables moments que Will passe grâce à Lou, il n’est jamais oublié !

Comment ne pas être touché par ce que vit cet homme complètement dévasté ? Mais également par la détermination et la combativité de Lou ! Cette histoire est un savant mélange d’espoir, de paix et d’acceptation. Le tout traité dans la réalité des choses, avec justesse et simplicité ! De plus, Jojo Moyes a une plume extraordinaire, légèrement poétique, qui vous transporte en quelques mots : la lecture n’en est que plus agréable encore.

Un petit mot également pour cette fin que j’avais peur de voir venir. Comme je le pensais, elle est réellement bouleversante mais également parfaite pour clôturer cette histoire au sujet assez lourd !
À la fermeture du livre (et encore maintenant en écrivant ma chronique), nous sommes comme tout au long de notre lecture : un sourire aux lèvres mais les larmes aux yeux

En bref : avec ce récit, Jojo Moyes me prouve encore une fois que les romances peuvent être plus qu’une simple amourette un peu niaiseuse ! Nous avons là une fabuleuse histoire de vie, remplie d’émotions et de sentiments contradictoire ; le tout abordant un sujet compliqué avec brio et justesse. Jojo Moyes est une auteure à suivre et, surtout, à lire !

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